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Paul Matthis

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Paul Matthis
First name Paul
Last name Matthis
Gender masculin
Birth 21 October 1913 (Hohfrankenheim (Alsace))
Death 16 December 1993 (Bruchsal (Bade-Wurtemberg))
Father's occupation Enseignant (Lehrer)

These Suite immédiates et résultats éloignés du traitement du Mal de Pott par les opérations ankylosantes (Strasbourg)
Thesis supervisor Georges Canuyt
Title Dr. med.

Spécialités Médecine interne


Paul Matthis (1913-1993) est un médecin alsacien rallié au national-socialisme qui a exercé en Alsace durant la période d’annexion. Issu d’une famille alsacienne profondément germanophile, il obtient la nationalité française par réintégration après la Première Guerre mondiale et a fait ses études à l’université française de Strasbourg dans les années 1930, devenant docteur en médecine en 1939. Officier de réserve de l’armée française en 1939-1940, Paul Matthis est réhabilité par les autorités nationales-socialistes après l’annexion de fait de l’Alsace au IIIe Reich. À peine trois mois après la réouverture de l’hôpital civil de Strasbourg – devenu allemand –, il reçoit, pour une courte période, un poste à la medizinische Abteilung A (future Abteilung II) dès son ouverture le 20 novembre 1940.

De janvier 1941 à octobre 1941, Paul Matthis est ensuite muté à la clinique médicale Ludolf-Krehl d’Heidelberg, puis obtient un poste de médecin assistant à la Reichsuniversität Straβburg dès sa création en novembre 1941. Affecté à la clinique médicale B (Abteilung I), il travaille aux côtés du professeur Johannes Stein (1896-1967) et des Oberärzte Hajo Wolbergs (1910-1975) et Werner Fink (1908-?) pendant trois ans, jusqu’en novembre 1944.

Avec le repli de la Reichsuniversität Straβburg vers Tübingen face à l’arrivée des troupes alliées, le Dr. Paul Matthis fait partie des rares Alsaciens à fuir l’Alsace, notamment par peur des représailles dues aux multiples ralliements effectués par sa famille et à son engagement en faveur du national-socialisme. Après avoir exercé brièvement dans une petite ville de la Forêt Noire au printemps 1945, il s’installe après la guerre dans une grande maison à Bruchsal dans le Bade-Wurtemberg (près de Karlsruhe et donc près de l’Alsace). Débutant une nouvelle vie, il fonde une famille, ouvre un cabinet de médecine générale et travaille comme médecin traitant (praktischer Arzt) jusque dans les années 1980.

Biography

De l’enfance aux études de médecine : vers le conditionnement ?

Né au cœur d’une Alsace allemande, Paul Matthis obtient la nationalité française par réintégration dans sa plus jeune enfance à la suite de la fin de la Première Guerre mondiale et du Traité de Versailles. Élevé dans une famille relativement aisée et cultivée, d’un père instituteur, il grandit aussi dans un foyer alsacien pro-allemand et profondément marqué par le rejet de la France. Après le lycée, Paul Matthis accomplit ses études de médecine à l’université française de Strasbourg jusqu’à l’obtention de son doctorat de médecine en 1939.

Enfance et scolarité : entre Alsace allemande et Alsace française

Paul Matthis, de son nom complet Paul Alfred Jacques Matthis, est né le 21 octobre 1913 à Hohfrankenheim[1], un petit village d’environ 300 habitants situé dans le nord-ouest de l’Alsace, à proximité de la ville de Saverne. Son père, Jacques (Jakob) Matthis, né le 5 août 1885 à Niedersoultzbach dans le Bas-Rhin, était un enseignant (Lehrer) issu d’une famille alsacienne de condition paysanne et de confession protestante-luthérienne[2]. Élevé au cœur d’une Alsace devenue allemande à la suite du Traité de Francfort du 10 mai 1871 mettant fin à la guerre franco-prussienne de 1870-1871, Jacques Matthis avait fréquenté l’école élémentaire protestante, puis l’école préparatoire à Strasbourg-Neudorf, avant d’entrer au séminaire pour se destiner à une carrière d’enseignant. Il accomplit son service militaire à l’âge de vingt-quatre ans, entre le 1er octobre 1909 et le 1er octobre 1910 dans le 14e régiment d’artillerie à pied badois stationné à Strasbourg (badisches Fußartillerie-Regiment Nr. 14)[3].

Alors qu’il est en poste à Hoerdt, Jacques Matthis épouse le 14 septembre 1910 la fille d’un aubergiste (Gastwirt), Caroline (Emma Karolina) Riedinger, née le 14 mars 1891 dans cette petite ville du nord de l’Alsace[4]. Le couple donne naissance à trois enfants : Margarete (également appelée Yvonne), née le 31 janvier 1911 à Hoerdt[5], Paul né le 21 octobre 1913 à Hohfrankenheim et enfin Pierre, né à Hoerdt le 5 novembre 1921[6]. Le père de famille a exercé la profession d’instituteur pendant trente-deux ans, de 1905 à 1937. Au cours de sa carrière, il a été en poste dans le nord de l’Alsace, successivement à Weyer, à Hoerdt, à Hohfrankenheim, puis de nouveau à Hoerdt de 1920 à 1937[7].

Il ne subsiste que peu d’informations sur l’enfance de Paul Matthis, de son frère et de sa sœur. Toutefois, il faut rappeler qu’à sa naissance, il naît avec la nationalité allemande, puisque l’Alsace fait partie intégrante du Reich wilhelmien. Mais avec le retour de l’Alsace à la France selon les termes du traité de Versailles, il obtient la nationalité française par « réintégration », comme le reste de sa famille resté en Alsace après la Première Guerre mondiale. En âge d’être scolarisé, il débute alors son cursus scolaire à l’école de la République dans sa terre natale redevenue française jusqu’à l’obtention du baccalauréat, probablement au début des années 1930. Enfin, précisons que la mère de Paul meure à Hoerdt le 9 juillet 1934, à l’âge de quarante-trois ans[8].

Une « famille foncièrement pro-allemande »[9]

L’environnement familial dans lequel Paul Matthis a grandi, tout particulièrement durant l’entre-deux-guerres et le retour de l’Alsace à la France, est tout à fait caractéristique. L’attitude du père mérite notamment d’être mentionnée, car c’est probablement lui qui a donné l’impulsion au comportement de ses enfants par la suite. Il convient ici de retracer l’intégralité du parcours militant, politique et idéologique du père Matthis (Jacques) depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Les documents retrouvés dans les archives permettent d’affirmer que l’armistice de 1918 et le retour de l’Alsace dans le giron français qui s’en est suivi a marqué pour Jacques Matthis un tournant dans son itinéraire et ses convictions politiques. En effet, Jacques Matthis s’engage « immédiatement dans le mouvement autonomiste (Heimatbewegung) »[3], devenant membre de la Fortschrittspartei dès sa création[10] et de la Elsässische Landespartei de 1938 à sa dissolution[11]. Ses engagements politiques ont précipité sa mise à la retraite en 1937 à cause de « difficultés avec l’administration scolaire ». En outre, dans un curriculum vitae rédigé durant la période nazie, Jacques Matthis ajoute :

« Depuis les jours critiques de 1938, ma famille a été catégorisée comme étant germanophile (deutschfreundlich) et a été placée sous surveillance (unter Aufsicht). Le 5 juin 1940, j’ai été arrêté et amené au camp de concentration (Konzentrationslager) d’Arches. La joie fut grande quand l’armée allemande nous a libérés. Dès le retour chez moi, j’ai immédiatement participé à l’établissement du parti nazi [en Alsace] »[3].

Dans un autre document, il écrit :

« Durant la [Première] Guerre mondiale, j’étais actif dans le Heimatsdienst et j’ai reçu la Verdienstkreuz. Ensuite est venu novembre 1918. Dans quel état je me suis trouvé ! Seul celui qui l’a connu peut le comprendre ! Pendant vingt-deux ans, j’ai sans cesse mené un combat défensif [face à la France] (Abwehrkampf), pensant constamment que j’allais recevoir des avertissements [des autorités françaises] en raison de mon attitude germanophile (deutschfreundliche Einstellung). En juin 1940, j’ai été arrêté et interné au "Fort d’Arches" avec beaucoup d’autres personnes partageant les mêmes convictions (Gleichgesinnten). Grâce à l’incomparable armée allemande, mon plus grand rêve de vivre à nouveau dans une Alsace allemande s’est réalisé »[12].

C’est donc dans un milieu sensiblement empreint de rejet de la France et de sympathies tournées de manière ostensible vers l’Allemagne que Paul Matthis, son frère et sa sœur ont été élevés durant l’entre-deux-guerres. Bénéficiant d’une solide instruction avec un père enseignant, Paul Matthis décide d’entreprendre des études de médecine et d’embrasser une carrière de médecin.

Les études de médecine

Une fois diplômé du secondaire, Paul Matthis suit les traces de sa sœur aînée – qui fait des études de pharmacie – et s’engage dans un cursus universitaire de médecine à l’université française de Strasbourg. Comme de coutume en France, il commence par préparer le certificat d’études physiques, chimiques et de sciences naturelles (PCN) à la faculté des sciences, puis se tourne ensuite vers les études de médecine à proprement parler. Ses études sont interrompues par son service militaire, qu’il accomplit en 1936 dans le service médical, avant d’être versé dans la réserve militaire avec le grade de médecin auxiliaire (sous-officier) jusqu’à la fin des années 1930[13]. Finalement, en 1939, à l’âge de vingt-six ans, Paul Matthis soutient à Strasbourg sa thèse de doctorat de médecine intitulée « Suite immédiates et résultats éloignés du traitement du Mal de Pott par les opérations ankylosantes ». Il avait réalisé ce travail sous la direction du professeur Georges Canuyt (1888-1975)[14], un éminent chercheur et universitaire connu pour ses travaux sur la pathologie de guerre et l’anesthésie locale en oto-rhino-laryngologie, ainsi que pour la fondation du centre de transfusion sanguine d’urgence à Strasbourg en 1932[15].

Ajoutons enfin qu’en vertu d’un décret publié au Journal officiel de la République française dans les jours qui suivent l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne, Paul Matthis est apparemment rappelé dans l’armée. Par décret du 9 septembre 1939, il est en effet nommé médecin sous-lieutenant dans la 20e région militaire avec effet rétroactif au 1er septembre 1939, à une époque où son père avait été placé sous surveillance par les autorités françaises pour ses sentiments clairement pro-allemands[13]. Jusque-là, rien ne nous permet d’affirmer que Matthis ait effectivement participé à la guerre de 1939-1940 ou qu’il a été fait prisonnier par les troupes allemandes avec l’uniforme français à la suite de l’armistice de Compiègne du 22 juin 1940. On sait toutefois qu’à l’automne 1940, alors que l’Alsace avait été annexée de fait au territoire du Reich nazi, Paul Matthis est toujours en Alsace : il vit chez son père à Hoerdt (qui s’y était réinstallé après sa libération du camp d’Arches par les Allemands) et réussit à obtenir très rapidement un poste à l’hôpital civil allemand de Strasbourg.


Médecin sous l’Allemagne nazie (1940-1945)

Dès la fin de l’année 1940, le Dr. Paul Matthis parvient à obtenir un poste à l’hôpital civil de Strasbourg devenu allemand à la suite de l’annexion de l’Alsace au Reich. Intégrant l’équipe de la clinique médicale B entre fin novembre et fin décembre 1940, il est ensuite muté à la clinique médicale Ludolf-Krehl d’Heidelberg jusqu’à l’inauguration de la Reichsuniversität Straβburg en novembre 1941. De retour en Alsace en novembre 1941, il retrouve son poste à l’Abteilung I (Médicale B) et le conserve jusqu’à sa fuite fin novembre 1944 au moment de l’évacuation de l’université nazie outre-Rhin.

La réhabilitation d’un médecin alsacien à l’hôpital civil allemand de Strasbourg (novembre-décembre 1940)

Installé au domicile familial au Adolf-Hitlerstraße 58 (l’actuelle rue de la République) à Hoerdt après l’armistice de Compiègne de juin 1940, Paul Matthis cherche dans un premier temps à trouver un emploi de médecin et à obtenir l'agrément nécessaire des autorités allemandes pour pouvoir exercer en Alsace. De toute évidence, il prend contact avec les services administratifs de l’hôpital civil de Strasbourg – devenu entre-temps allemand – afin de se mettre à disposition. Assez rapidement, à peine trois mois après la réouverture des hospices civils de Strasbourg par les Allemands, Paul Matthis réussit à obtenir un poste. Dès le début du mois de novembre 1940, l’administration de l’hôpital avait déjà enregistré qu’il allait compter parmi son personnel sitôt que la nouvelle medizinische Abteilung A (correspondant à la clinique médicale A qui deviendra ensuite l’Abteilung II) allait être rouverte, c’est-à-dire le 20 novembre. Ainsi, le nom de Paul Matthis figure déjà sur la liste du personnel en date du 3 novembre 1940, mais à ce moment-là, il n’y travaille pas encore[16].

En effet, dès le 14 novembre 1940, moins d’une semaine avant que les deux cliniques médicales ne soient regroupées en une seule Medizinische Klinik avec deux sections, la A (future Abteilung II) et la B (future Abteilung I), le directeur général des hospices civil, Josef Oster, cite au Medizinalrat Walther les noms des cinq médecins alsaciens qu’il était « prévu » (vorgesehen) d’y affecter. Il s’agit des Dr. Charles Maurer – qui allait être muté de l’Abteilung B à l’Abteilung A – et des Drs. René Piffert, Theodor Uhl, Edgar Risser et Paul Matthis[17]. Quelques jours plus tard, Oster explique dans un nouveau courrier au Dr. Walther que « Messieurs les docteurs Josef Babillotte et Mat[t]his (Hoerdt) ont pris leur service à la medizinische Abteilung A le 20 novembre 1940 en qualité d’Assistenzärzte. Les docteurs [Edgar] Risser (Colmar) et [Theodor] Uhl (Mulhouse) ont rejoint la même clinique le 25 novembre 1940[18].

Il convient d’ajouter qu’à ce moment-là, un tel recrutement, après la guerre et l’annexion de fait de l’Alsace et de la Moselle au territoire du IIIe Reich, ne doit rien au hasard. En effet, avec l’annexion de fait de l’Alsace et l’imposition du régime national-socialiste, de sa politique, de ses instances et de son administration, l’ancienne région française est désormais régie par le Chef de l’administration civile en Alsace (Chef der Zivilverwaltung im Elsass), à savoir le Gauleiter Robert Wagner. S’agissant de l’installation des médecins en Alsace, une ordonnance émise le 13 juillet 1940 par l’entremise du département médical de la Gauleitung (et publiée dans la presse locale), précise que tous les médecins et personnels soignants devaient se présenter sans délai à la Gauleitung pour obtenir l’agrément nécessaire pour exercer. Dès lors, pour pouvoir s’établir comme médecin en Alsace, il fallait en avoir l’autorisation de la part de la nouvelle administration nationale-socialiste, ce qui constituait pour ainsi dire une première étape de sélection du personnel soignant en poste dans la région . De plus, rappelons que si Paul Matthis, alors jeune docteur, a pu obtenir un emploi si vite au sein de cet établissement allemand – même si les nominations n’étaient toutes que « provisoires » (kommissarisch)[19] –, c’est bien parce que la nouvelle administration nationale-socialiste établie en Alsace en avait décidé ainsi et qu’elle cherchait à faire refonctionner au plus vite l’hôpital dès d’automne 1940.

Un passage à la Ludolf-Krehl-Klinik d’Heidelberg (janvier-octobre 1941)

La première présence du Dr. Matthis à l’hôpital civil de Strasbourg est tout d’abord éphémère, dans la mesure où il ne reste en Alsace qu’un peu plus d’un mois, du 20 novembre au 31 décembre 1940. En effet, dans une Mitteilung du directeur général des hospices civils de la fin du mois de décembre 1940, on apprend qu’il avait été prévu que le Dr. Matthis quitte la medizinische Abteilung A au 1er janvier 1941 pour prendre de nouvelles fonctions à la clinique médicale Ludwig von Krehl-Klinik à Heidelberg[20]. Comme l’écrit son père dans un curriculum vitae rédigé à la même période, il apparaît que Paul Matthis occupait un poste d’« Hilfsarzt » à Heidelberg, c’est-à-dire avec le statut de médecin auxiliaire[12].

Une telle mutation, rapide et imposée, laisse subodorer que les Allemands souhaitaient dans un premier temps que Matthis acquière une certaine expérience. Sans doute avait-il été décidé qu’il fallait qu’il ait servi dans un hôpital allemand avant de pouvoir être titularisé à un poste au sein de la future Reichsuniversität Straβburg dont les préparatifs concernant la création avaient été engagés dès l’été 1940. Il ne faut pas oublier que Matthis n’avait terminé ses études qu’en 1939 et qu’il n’avait pas eu l’occasion de pratiquer longuement la médecine, hormis durant son cursus universitaire avec l’externat, l’internat et les stages. Par ailleurs, on pourrait aussi voir dans ce transfert une volonté des Allemands de s’assurer de ses convictions politiques et de le gagner à la cause nationale-socialiste avant de pouvoir prétendre entrer dans l’institution universitaire nationale-socialiste que le régime nazi souhaitait créer à Strasbourg. En tous les cas, quelle qu’ait été la motivation des autorités allemandes concernant cette mutation, on sait que Paul Matthis a passé en totalité dix mois à Heidelberg, occupant son poste d’Hilfsarzt à la clinique médicale universitaire jusqu’en octobre 1941.

La carrière à la clinique médicale B de la Reichsuniversität Straβburg (novembre 1941-novembre 1944)

De retour à Strasbourg en Alsace annexée en novembre 1941, Paul Matthis reprend ses fonctions à la clinique médicale de la nouvelle Reichsuniversität Straβburg inaugurée le 23 novembre 1941. Dans un premier temps, il sert en qualité de « faisant fonction d’assistant scientifique » (Verwalter einer wissenschaftlichen Assistentenstelle) pendant neuf mois, jusqu’en juillet 1942, avant d’être promu au rang d’Assistenzarzt en août 1942. Durant les trois années de son service à la Reichsuniversität Straβburg, de novembre 1941 à novembre 1944, le Dr. Paul Matthis est affecté à l’Abteilung I de la Medizinische Klinik, c’est-à-dire la clinique médicale B, l’un des établissements hospitalo-universitaires rattachés à l’ensemble des cliniques médicales dirigées par le professeur et interniste Johannes Stein (1896-1967)[21].

Entre 1941 et 1944, la direction de la clinique médicale B est assurée successivement par deux Oberärzte allemands, à savoir le Dozent Hajo Wolbergs (1910-1975) et le Dr. Werner Fink (1908-?). Il évolue parmi une équipe composée en majorité de médecins allemands et d’une minorité d’Alsaciens[22]. On remarque aussi que la carrière de Paul Matthis à la Reichsuniversität Straβburg semble également très prometteuse, dans la mesure où seulement cinq années après l’obtention de son doctorat et à peine trois ans après son arrivée à la Reichsuniversität Straβburg, l’institution nazie prévoyait que Matthis puisse présenter une thèse d’habilitation (für Habilitation vorgesehen), c’est-à-dire de pouvoir entrer dans le corps enseignant hospitalo-universitaire[23]. D’ailleurs, c’est un argument mis en avant par le doyen Stein pour permettre à Matthis d’éviter d’être envoyé en Allemagne ou d’être envoyé au front, à une époque où ces mesures s’intensifient à la Reichsuniversität Straβburg en 1944.

Rappelons à ce propos que le 12 avril 1944, la Gauleitung adresse à tous les Staatliche Gesundheitsämter d’Alsace la requête suivante :

« Avec le manque considérable de personnel médical, les difficultés liées à la mise à disposition de médecins suffisamment formés sur le plan clinique sont toujours plus grandes. Il n’est plus possible de continuer à envoyer des jeunes médecins au service médical obligatoire pour exercer la médecine seuls, alors qu’ils ont à peine reçu leur Approbation et qu’ils ne sont pas aptes, en termes d’expérience, à exercer seuls ni à assumer des responsabilités si rapidement après l’obtention de l’examen médical d’État […]. Le Reichsgesundheitsführer a ainsi ordonné que l’on commence immédiatement à transférer les médecins assistants qui ont déjà travaillé pendant une plus grande période en milieu hospitalier et en cliniques. Une exception pourra être accordée uniquement pour les médecins assistants qui ont été promus au rang de chef de clinique (Oberarzt) ou qui sont pressentis en raison de compétences particulières à présenter une habilitation, à occuper un poste de médecin-chef (Chefarzt) ou une tout autre position supérieure »[24].

Ayant été destinataire de ce courrier, le Kurator Scherberger charge tous les directeurs de cliniques et d’instituts de la Reichsuniversität Straβburg d’établir une liste de leurs assistants et d’indiquer les noms de ceux qui y travaillent depuis un an, depuis deux ans et depuis trois ans ou plus. Les directeurs ayant tardé à répondre, le Kurator n’adresse son rapport à la Gauleitung que le 29 juillet 1944, fournissant tout de même une liste comprenant cinquante-sept noms de médecins dont la faculté de médecine aurait pu, en principe, se séparer, s’il fallait appliquer les mesures officielles. Paul Matthis, travaillant depuis trois ans dans une clinique universitaire, est l’une de ces personnes, tout comme les Drs. Auguste Bostetter, Evamarie Embacher, Karl Heinz, Werner Jordan, Charlotte Petri et Renatus Piffert[23]. Les tractations se poursuivent entre l’université, les directeurs de cliniques et les autorités de la Gauleitung pour savoir quels médecins pouvaient effectivement être soustraits à la clinique : un mois plus tard, le Kurator indique avoir à nouveau redemandé aux directeurs « les noms des femmes médecins de leurs établissements qui pouvaient être remplacées par des femmes médecins plus jeunes », de même que les hommes dont un « échange pouvait être envisagé avec des médecins plus âgés qui se trouvent alors au front »[25]. En tous les cas, il semble que l’argument avancé par Stein selon lequel il était prévu de permettre à Matthis de préparer, puis de soutenir une thèse d’habilitation, ait permis à Matthis de rester à Strasbourg jusqu’à l’évacuation de l’université en novembre 1944.

Enfin, il est intéressant de souligner qu’à l’Abteilung I (Médicale B), tout comme dans le reste des Abteilungen de la clinique médicale de Stein, le taux d’occupation des lits est très élevé au cours la période d’annexion. Par exemple, de mars à décembre 1942, sur l’ensemble des Abteilungen, ce sont en moyenne 82% des lits qui sont occupés, soit un total équivalent à 689 lits. Plus précisément, cette statistique générale et globale peut être nuancée en prenant en compte la seule Abteilung I où travaille Matthis. Ainsi, l’Abteilung I – qui compte au départ 175 lits disponibles, puis 194 à la fin de l’année –, affiche un taux d’occupation des lits disponible dépassant quasiment chaque mois 90% de saturation, ce qui surpasse de près de dix points la moyenne globale de l’ensemble des cliniques de la clinique médicale de Stein[26].

Cette situation s’aggrave au fil du temps, tout particulièrement en raison des politiques étatiques de remplacement et d’incorporation des médecins qui aggravent le manque de personnel au sein de la clinique. C’est ce qu’explique le professeur Stein dans un rapport de situation adressé à l’administrateur-en-chef de l’université en février 1944. Dans celui-ci, Stein indique qu’à la date du 5 janvier 1944, sur les 765 lits disponibles dans tous les services de sa clinique, 651 d’entre eux étaient occupés, ce qui porte le taux global d’occupation à environ 85%. Par ailleurs, le nombre de patients examinés (untersucht) et soignés (behandelt) de manière ambulatoire (ambulant) atteignait un total de 734 patients par jour, des chiffrent qui permettent d’approcher de manière plus concrète encore la pratique médicale dans ses services[27]. Toutefois, cette masse de travail s’effectue avec une équipe relativement restreinte, à une époque où les autorités nazies adoptent des politiques fortes visant soit à enrôler des médecins dans l’armée, soit à les envoyer en formation outre-Rhin, soit à les affecter dans le cadre d’un service médical obligatoire visant à assurer les soins à la population civile dans le Reich (notdienstverpflichtet). Ainsi, si Stein dispose officiellement de vingt-neuf médecins dans son équipe au début du mois de janvier 1944, la réalité, elle, est tout autre. Si ce ratio médecin-patients semble satisfaisant et correspond à la réglementation en vigueur dans le Reich, il s’avère qu’un grand nombre de médecins sous sa direction sont malades ou mutilés de guerre, tandis que d’autres ne travaillent qu’à temps partiels voire ont été mutés ou ont quitté le service. Stein écrit ainsi que la « situation a complètement changé ces dernières semaines », et qu’« à [s]on avis, on ne peut pas dire que la clinique médicale possède trop de médecins-assistants (überbesetzt) »[27].

Un médecin alsacien nazi ?

De novembre 1940 à novembre 1944, Paul Matthis a pu exercer sans interruption l’art médical au sein deux cliniques médicales allemandes situées sur le territoire du Reich. Il est intéressant d’examiner son adhésion et son attitude vis-à-vis du national-socialisme, de considérer la manière dont il était perçu et de questionner ses engagements (volontaires) pour l’Allemagne hitlérienne, mais aussi de le mettre en relief avec les parcours politiques, idéologiques et militants de son père, de sa sœur et de son frère cadet, tous Alsaciens acquis à la cause nationale-socialiste dès la première heure.

L’« évaluation politique » : aucune réticence d’ordre politique et idéologique à son emploi à l’institution hospitalo-universitaire nazie

Comme l’exige la procédure de recrutement d’Alsaciens et de Mosellans postulant un emploi au sein de la Reichsuniversität Straβburg, le docteur Paul Matthis fait l’objet – assez tardivement – d’une évaluation politique (politische Beurteilung). Le 17 mars 1942, le doyen de la faculté de médecine, Johannes Stein, initie l’enquête en confiant la mission aux services de la direction du parti nazi (Kreisleitung) et du SD (Sicherheitsdienst). Les archives de cette évaluation politique n’ont pas été conservées en totalité, mais il est certain que quelques jours après avoir été mandaté par le doyen Stein, le chef du bureau du personnel au sein de l’administration civile en Alsace (Gauleitung) a aussitôt chargé son homologue de la Kreisleitung du parti nazi de Strasbourg d’instruire le dossier. Ainsi, dès le 26 avril 1942, les fonctionnaires du NSDAP doivent collecter des renseignements pour s’assurer que Matthis soit effectivement apte à être « employé comme médecin à la clinique médicale » de la Reichsuniversität Straβburg, une institution pensée, conçue et voulue comme un modèle de l’Allemagne nazie[28]. Les autres cas étudiés de médecins alsaciens montrent que « normalement », le Dr. Ludwig Benmann du Sicherheitsdienst (SD) adresse un premier rapport préliminaire dans lequel il prend position en quelques lignes. Ici, ce document n’a pas été conservé et seul le rapport détaillé de l’antenne locale du parti nazi (Kreisleitung), rédigé à partir des informations du SD, subsiste. Ce rapport, en tous points « positif », avalise sans la moindre objection d’ordre politique ou idéologique le recrutement de Paul Matthis dans l’institution hospitalo-universitaire nationale-socialiste. Signé par le Kreisleiter et le Kreispersonalamtsleiter, il précise les points suivants :

Tableau 1 : Politische Beurteilung[29]
Charakterliche Haltung Frankophile Einstellung Bekenntnis zum deutschen Volkstum Fachliche Eignung Beurteilung
Kameradschaftlich, selbstlos. Nein. Dr. Matthis war schon früher deutsch-freundlich eingestellt. Er ist Partei-Anwärter, gehört seit September 1940 der SS an, und ist Mitglied des Opferrings seit Mai 1941. Fachlicher Arzt Gegen seine Verwendung als Arzt bei der Klinik bestehen keine Bedenken.
Tableau 2 : Politische Beurteilung (traduction française)[29]
Caractère et attitude Convictions francophiles Adhésion à la germanité (Volkstum) Compétences professionnelles Évaluation
Esprit de camaraderie, désintéressé. Non. Le Dr. Matthis était déjà autrefois un germanophile. Il est candidat à l’admission au parti nazi, est membre de la SS depuis septembre 1940 et de l’Opferring depuis mai 1941. Médecin compétent. Aucune réserve

concernant son emploi comme médecin à la clinique médicale.

Finalement, après avoir réceptionné les rapports détaillés et favorables des différents services ayant participé à l’enquête, la Gauleitung communique au doyen Stein son avis final le 29 avril 1942 sur le recrutement de Matthis. Aux yeux des autorités nationales-socialistes, non seulement le passé, mais également le comportement actuel de Paul Matthis – et de sa famille –, sont jugés compatibles avec un emploi dans l’institution nazie. Son absence de sentiments francophiles dans l’entre-deux-guerres et son ralliement progressif aux mouvements et organismes du parti nazi en Alsace participent précisément de cette image positive. Paul Matthis satisfait ainsi à toutes les exigences du nouveau régime, tant du point de vue politique, idéologique que professionnel et peut officiellement poursuivre sa carrière à la Reichsuniversität Straβburg[30].

Les ralliements au nazisme

Dès l’annexion de l’Alsace au territoire de l’Allemagne nazie, le Dr. Paul Matthis – comme le reste de sa famille – multiplie les formes d’adhésion et de ralliement au mouvement national-socialiste. Selon l’enquête réalisée par les services du parti, il semble que Paul Matthis ait rejoint la SS dès le mois de septembre 1940, à l’âge de vingt-sept ans, avant même d’être employé la première fois à l’hôpital civil de Strasbourg[31]. Il convient ici toutefois de signaler qu’il existe plusieurs doutes quant au fait qu’il se soit réellement porté volontaire pour entrer dans la SS. À ce propos, plusieurs indices laissent même subodorer qu’il ait également rejoint, la Waffen-SS, comme son frère cadet Pierre (Peter), mais cette information n’a pas pu être vérifiée. Par exemple, lorsque Jacques Matthis doit fournir un Ahnentafel dans le cadre de ses fonctions d’Ortsgruppenleiter, une note du Kreispersonalamtsleiter Beck indique que tous les documents nécessaires se trouvaient déjà à Berlin, ajoutant qu’il a « deux fils [dans la] Waffen-SS », ce qui suggère que les pièces ont déjà été produites lors de l’entrée des deux fils dans la branche armée de la SS[32]. S’il avait effectivement été SS, il n’aurait probablement pas été visé par la politique de Notdienstverpflichtung que Stein parvient à lui faire éviter en 1944 en indiquant qu’il allait pouvoir préparer une thèse d’habilitation (cf. supra)[33]. En outre, on ne trouve pas son nom sur une liste proposée par la Gauleitung en février 1941 à la SS pour présenter des candidats potentiels à un recrutement dans la Waffen-SS[34].

En outre, il apparaît qu’au mois de mai 1941 – alors qu’il est à Heidelberg –, Paul Matthis adhère à l’Opferring, l’antichambre alsacienne du parti nazi auquel il candidate encore la même année. Comme sa sœur Margarethe, il finit par devenir officiellement membre du NSDAP le 1er mai 1942, obtenant le numéro d’adhérent n°8.961.887[35]. Enfin, le ralliement politique du Dr. Paul Matthis est à mettre en parallèle avec le parcours idéologique et militant du reste de sa famille, notamment de son père, de sa sœur et de son frère, qui ont tous multiplié les signes d’adhésion à l’Allemagne hitlérienne. Un rapport d’après-guerre établi par les Renseignements Généraux révèle au sujet du père Matthis que « tous ses enfants, membres du parti nazi, étaient également réputés comme de fervents adeptes du régime national-socialiste »[7].

Le nazisme et la famille Matthis

Le père : Français malgré-lui, « germanophile » et « nazi acharné »

Le père de famille, Jacques (Jakob) Matthis, est sans aucun doute celui qui s’est le plus investi dans la politique nationale-socialiste en Alsace au sein de la famille Matthis. Considéré comme un « nazi acharné » qui a « jou[é] pendant l’Occupation un rôle prépondérant tant dans la section locale de la NSDAP que dans l’administration communale de Hoerdt »[7]. Dès le 1er septembre 1940, il est nommé Ortsgruppenleiter à Hoerdt, d’abord de manière « provisoire » (kommissarisch)[36], avant d’être titularisé dans ce poste de haute importance politique jusqu’en novembre 1944. En outre, il devient maire de Hoerdt le 12 août 1941, assumant ses fonctions « avec beaucoup d’autorité et un zèle infatigable ». Acquis à la cause et au mouvement nazi, il participe activement à son établissement et à sa consolidation en Alsace. En 1941, il le manifeste demandant l’incorporation des jeunes Alsaciens-Mosellans dans la Wehrmacht et, en tant que Volkstumskämpfer accompli, il officialise sa conviction politique. Jacques Matthis adhère à l’Elsässischer Hilfsdienst (organisation d’assistance aux rapatriés et prisonniers de guerre alsaciens libérés) dès sa création en juin 1940[11], puis devient membre de l’Opferring le 1er octobre 1940 (n°31.544), l’antichambre du parti nazi, dont il devient membre dès le 1er octobre 1941 (n°8.628.808)[37].

De même, dans une démarche de rupture absolue avec la France, il demande et acquière le 15 septembre 1942 la nationalité allemande – alors qu’il avait obtenu la nationalité française par réintégration après la Grande Guerre. Un rapport d’après-guerre ajoute qu’il était un « propagandiste notoire » et que « grâce à son impulsion, un grand nombre de citoyens de Hoerdt se firent inscrire, soit dans le parti nazi, soit dans les autres organisations hitlériennes. En raison de son activité débordante et du résultat obtenu au sein du groupe local de la NSDAP de Hoerdt, il fut cité comme exemple par les autorités allemandes ». Cet engagement exemplaire lui a valu d’être décoré de deux distinctions honorifiques nazies pour ses « services rendus à la cause allemande »[7] : Le 30 janvier 1943, il a reçu le Kriegsverdienstkreuz de deuxième classe (sans glaives) sur proposition du parti[38], puis la Medaille für deutsche Volkspflege sur décision du Führer le 31 janvier 1944[39].

Pendant la guerre, il bénéficie de sa pension d’enseignant et bénéficie d’une entrée d’argent en tant qu’apiculteur (Bienenzucht) qui s’ajoutent à son indemnité (Aufwandsentschädigung) de 3600 Reichsmarks annuels pour ses activités politiques de maire et d’Ortsgruppenleiter[40]. Il est intéressant de remarquer qu’il n’y a pas que les documents d’après-guerre qui soulignent l’adhésion de Jacques Matthis au nazisme : par exemple, une prise de position du Kreisleiter Reuter, dévoile que « le Parteigenosse Matthis est un ancien combattant de la germanité et il la bonne personne à la bonne place, tout à la fois d’un point de vue politique que pratique »[41]. De même, diverses évaluations des autorités nationales-socialistes soulignent très tôt ses qualités « nazies » : en plus de mettre en avant ses qualités de commandement (Führereigenschaften), pour les nazis, son attitude politique est à la fois positive et fiable, et il est par ailleurs connu comme étant un ancien combattant de la germanité (Volkstumskämpfer). Considéré comme un Ortsgruppenleiter très efficace (sehr gut bewährt)[42], il était aussi « camarade fiable » et consciencieux. Il était en outre « le type de l’homme allemand » (Typ des deutschen Menschen), qui malgré des années d’emprise étrangère (Überfremdung) a su conserver sa germanité et qui a soutenu l’Allemagne nationale-socialiste avec conviction »[43]. Paul Matthis peut ainsi être considéré et qualifié de fils d’un Alsacien autonomiste, germanophile et très engagé qui a fini par occuper une position en vue dans l’organisation politique de l’Alsace hitlérienne.

La sœur : une pharmacienne nazie peu active politiquement

L’aînée de la famille Matthis, prénommée Margaretha (également appelée Yvonne), travaillait comme pharmacienne à Strasbourg. Dès le début de l’annexion, elle était entrée au NS-Frauenschaft, puis était devenue membre du parti national-socialiste le 1er mai 1942 (n°8.961.866). Les enquêtes menées après-guerre révèlent qu’elle « avait également adopté une attitude favorable au régime nazi », mais étant « absorbée par sa profession, elle n’a[vait] pas déployé une activité politique trop marquée »[44]. Néanmoins, une première enquête des Renseignements Généraux sollicité par le Préfet du Bas-Rhin, parvient à la conclusion qu’Yvonne avait « suivi fidèlement l’exemple de son père et de ses deux frères » en ce qui concerne l’adhésion au mouvement nazi en Alsace[45].

Plus précisément, elle avait débuté son activité de pharmacienne en 1939 avec, l’acquisition (le 26 mai), pour la somme de 250.000 francs, d’une officine « La Licorne » située au 28, rue du Marché-aux-Poissons à Strasbourg. Le 26 juin 1942, elle épouse un militaire et musicien allemand, H. Woehrlin (transformé en Wöhrlin en 1936), né le 15 août 1902 à Hugsweier en Bade[46]. En outre, les autorités nationales-socialistes installées en Alsace étaient conscientes qu’Yvonne, bien que membre du parti, n’était « pas active dans le mouvement, car elle dirige seule une pharmacie et qu’elle élève seule un enfant »[47]. De leur union sont nés trois enfants – de nationalité française –, et ceux-ci vivent avec leur père en Allemagne après la guerre, où il donne des leçons particulières de musique, tandis que sa femme, retrouve la nationalité française « par réintégration » au sortir de la guerre.

L’immeuble de son officine strasbourgeoise ayant été « complètement détruit lors d’un bombardement aérien en 1944 », elle devient une « sinistrée totale » et finit par s’installer au 2 rue Saltzmann à Strasbourg et par rouvrir la pharmacie de la Licorne au 36, rue de la Première armée. Précisons que c’est une affaire d’impayé qui a été à l’origine du déclenchement des enquêtes à l’encontre d’Yvonne Matthis. En effet, au moment de l’achat de l’officine, seule une moitié de la somme avait été payée, « tandis que l’autre moitié n’a pas été versé par suite de la guerre et de l’occupation ennemie »[48]. Après la guerre, Yvonne a attiré l’attention des autorités, car non seulement les vendeurs avaient fini par réclamer le « reliquat du règlement », mais aussi parce qu’elle souhaitait à la fois obtenir « la main-levée du séquestre de ses biens qu’elle possède en France », mais aussi un « visa d’entrée en France en faveur de son mari »[49]. Toutefois, aucune mesure d’épuration n’a été prise à son encontre pour ses activités du temps de l’annexion allemande.

Le frère cadet : du jeune volontaire de la Waffen-SS à l’officier SS et au sacrifice ultime

Le benjamin de la famille, prénommé Pierre (Peter), représente quant à lui l’une des formes les plus extrêmes du ralliement d’un Alsacien au nazisme. Élevé dès sa plus jeune enfance dans un milieu politiquement germanophile, il a participé avec son père « très activement au Volkstumskampf allemand en Alsace avant la guerre »[50]. Très jeune, Pierre Matthis s’engage avec ardeur au sein de la Hitlerjugend, parvenant au rang d’aide de camp (Adjutant) d’un Obergebietsführer des jeunesses hitlériennes. Le 15 août 1941, alors qu’il n’a même pas vingt ans, Pierre Matthis effectue de lui-même une demande officielle pour obtenir sa carte du parti national-socialiste. Il la transmet à son père (en qualité d’Orstgruppenleiter de la Ortsgruppe de Hoerdt) et obtient un avis favorable des autorités nazies[51]. Une note ajoutée de manière manuscrite sur sa lettre – probablement ajoutée par le Kreispersonalamtsleiter Bickler –, précise que Matthis s’était engagé « comme volontaire dans la Waffen-SS le 23 août 1941 »[52]. En effet, dès l’été 1941, alors qu’il n’a pas la moindre formation ni la moindre expérience professionnelle, il s’engage immédiatement et volontairement dans la SS et candidate aussitôt dans la branche armée (la Waffen-SS) avec le grade de SS-Schütze (SS de deuxième classe)[53]. Témoignant un certain engouement pour défendre ses idées nationales-socialistes et sa patrie – désormais allemande – par les armes, il ne se contente pas de se porter volontaire dans la Wehrmacht : il souhaite bien devenir l’un des « soldats politiques de Hitler »[54].

Après avoir fait ce choix pour le moins révélateur, Pierre Matthis sert dans les troupes blindées de la SS, notamment dans le 8./SS-Panzer-Grenadier-Regiment 26, avant de rejoindre la SS-Panzerdivision « Hitlerjugend » et plus précisément le I./SS-Panzer-Regiment 12. Malgré un manque de sources, il semble que Pierre Matthis se soit illustré au combat par sa bravoure, puisqu’en moins de trois ans, il avait réussi à se hisser au rang d’un officier subalterne en devenant sous-lieutenant SS (SS-Untersturmführer), occupant en outre le poste d’un chef de char, alors qu’il s’était engagé comme simple SS de deuxième classe (SS-Schütze). Si son avancement en grade est particulièrement rapide et significatif, on remarque aussi qu’il a été décoré de deux distinctions honorifiques : d’abord la Croix de fer de Deuxième classe (EK II), puis la Croix de fer de Première classe (EK I)[55]. Participant aux combats de l’Atlantique à l’été 1944, il participe à l’une des contre-offensives allemandes organisées face aux troupes britanniques du 59th Staffordshire Infantery Division qui avaient établi une tête de pont sur l’Orne à Brieux et Grimbosq dans le Calvados le 7 août. Au soir du soir du 8 août 1944, Pierre Matthis est tué au sud de Grimbosq dans un combat au cours duquel son char avait été touché à quatre reprises avant de prendre feu. Si une partie de son équipage a pu prendre la fuite, Pierre Matthis et l’un de ses hommes sont morts brûlés dans le char[56] ; il avait à peine vingt-deux ans[57].

Le départ vers l’Allemagne et la nouvelle vie outre-Rhin

On peut lire une autre forme d’un ralliement quasi inconditionnel à l’Allemagne nazie dans l’attitude qu’adopte l’ensemble de la famille Matthis à l’automne 1944. En effet, alors que les Alliés approchent de l’Alsace, les Matthis décident de fuir l’Alsace avant la Libération pour se réfugier outre-Rhin, pour poursuivre leurs activités dans le Reich, mais aussi très probablement par crainte de représailles[7]. En cela, Paul Matthis est l’un des rares médecins alsaciens à fuir l’Alsace face à l’arrivée des troupes alliées en novembre 1944. Avant de partir, il aurait même fait partie d’une unité alsacienne des Volksturm de Robert Ernst à la toute fin du mois de novembre 1944[58], avant de quitter Strasbourg à la dernière minute. Une fois réfugié de l’autre côté du Rhin, il se montre particulièrement zélé en adressant très rapidement un rapport de situation aux autorités de l’université pour retracer les dernières heures de la Reichsuniversität Straβburg lors de la Libération de l’Alsace[59]. Jusque-là, il n’est pas possible de retracer précisément les pérégrinations de Paul Matthis à l’hiver 1944-1945, mais dans l’annuaire de la Reichsuniversität Straβburg repliée à Tübingen en date du 26 mars 1945, on apprend qu’il se trouve à « Schönwald bei Triberg », faisant apparemment toujours partie du personnel de l’université. Il s’établit ainsi dans une petite ville située dans la Forêt Noire (entre Emmendingen et Villingen-Schwenningen) qui porte aujourd’hui le nom de Schönwald im Schwarzwald. À ce moment-là, Matthis loge à l’hôtel « Schwarzwälder Hof »[60]. C’est probablement dans le pays de Bade que Paul Matthis et ses proches connaissent la fin de la guerre, décidant alors de rester en Allemagne, par peur des poursuites judiciaires que pourraient être intentées à leur encontre par les autorités françaises.

L’après-guerre : une nouvelle vie en République Fédérale d’Allemagne

Dès 1945, Paul Matthis et son père restent en Allemagne, ce dernier craignant les poursuites judiciaires en raison de ses activités pronazies durant la période d’annexion ; la famille Matthis, de manière générale, s’étant considérablement compromise avec l’Occupant. Paul Matthis débute une nouvelle vie en République fédérale d’Allemagne, ouvrant un cabinet médical dans la ville de Bruchsal et échappant aux poursuites judiciaires liées au contexte de l’épuration de la société civile et du corps médical.

Des enquêtes sur la famille mais aucune poursuite

Un rapport des Renseignements Généraux indique au sujet du père Matthis qu’« la veille de la Libération, craignant des représailles de la part des éléments francophiles de Hoerdt, il s’[est] enfui en Allemagne, d’où il n’est pas encore revenu »[7]. Les mauvais pressentiments du père Matthis étaient justifiés dans la mesure où de « multiples charges a[v]aient été relevées à l’encontre du sieur Matthis et qu’une plainte a[va]it été déposée par les FFI de Hoerdt à la commission d’épuration de Brumath ». Cependant, il s’avère qu’au final, « aucune information n’a été ouverte après la Libération, tant à l’encontre du susnommé que des autres membres de la famille Matthis »[7]. Ainsi, dans l’ensemble, hormis plusieurs enquêtes menées entre la fin des années 1940 et les années 1950 par les Renseignements Généraux pour répondre à des besoins précis de l’administration française, ni Jacques Matthis, ni Yvonne Matthis ni même Paul Matthis n’ont été visés par des poursuites judiciaires pour faits de collaboration, une situation qui surprend même les enquêteurs[61]. On remarque d’autant plus que Paul Matthis n’a pas fait l’objet de la moindre enquête individuelle, ni même dans le cadre de l’épuration du corps médical en Alsace.

Toutefois, il faut souligner que le départ vers l’Allemagne et l’installation de Jacques et Paul Matthis outre-Rhin n’avaient pas été sans conséquences pour la famille. En effet, dans les années 1950, alors que la fille aînée avait retrouvé sa pharmacie à Strasbourg, Jacques Matthis contacte les autorités françaises pour obtenir le droit de se rendre en France car il « désire voir sa fille à Strasbourg, ainsi que son frère » demeurant en Alsace. Mais le rapport d’enquête des Renseignements Généraux transmis au Secrétaire Général de l’arrondissement de Strasbourg-Campagne (préfecture) estime que « compte tenu de son activité nettement antinationale pendant l’Occupation, le susnommé [Jacques Matthis] ne mérite aucune faveur et sa requête ne semble pas devoir être prise en considération ». Cette froide conclusion est néanmoins suivie d’une proposition : « toutefois, dans le cas où, pour des raisons humanitaires, un passeport devrait néanmoins lui être délivré, il y aurait lieu d’en limiter la validité à un seul voyage et pour une durée restreinte ». Autrement dit, la France ne voulait plus accueillir sur son territoire Jacques Matthis, hormis pour des « raisons humanitaires », d’autant que l’état de santé de l’intéressé était alors « précaire »[62]. Étant donc considérés comme « indésirables » en Alsace, Jacques et Paul Matthis restent en République fédérale d’Allemagne.

Un nouveau départ : médecin traitant à Bruchsal

L’année 1945 marque un nouveau point de rupture dans la vie de Paul Matthis. C’est pour lui un nouveau départ dans l’Allemagne d’après-guerre et il estime rapidement qu’il ne lui est plus possible de retourner en Alsace, sa réputation et celle de sa famille faisant d’eux de éléments indésirables en France. Par ailleurs, il est fort probable, au regard de son parcours et de ses convictions politiques antérieures, que Paul Matthis ne désirait tout simplement pas retourner dans une Alsace redevenue française. Ainsi, alors qu’il est âgé de trente-deux ans et qu’il possède une faible expérience dans le domaine médicale (moins de cinq ans de pratique), il décide de débuter une nouvelle vie en République fédérale d’Allemagne.

Paul Matthis s’installe avec son père à Bruchsal, une ville de moins de 15.000 habitants au sortir de la guerre (elle en compte près de 45.000 en 2019) située à une vingtaine de kilomètres au nord de Karlsruhe dans le Bade-Wurtemberg et donc très proche de son Alsace natale. Il emménage dans une grande et luxueuse maison en bordure du parc du château de Bruchsal, au Wilderichstraße 22a, et y ouvre son cabinet médical. Il s’établit ainsi comme médecin de ville et travaille comme médecin traitant (praktischer Arzt) dans cette bourgade ouest-allemande au moins jusque dans les années 1980[63].

Même s’il n’a pas été possible de découvrir plus de renseignements sur la nouvelle vie menée par Paul Matthis en Allemagne, on sait qu’il est toujours en activité en 1981 comme l’indique l’annuaire paru la même année. De plus, dans l’annuaire de 1976, on apprend que Paul Matthis a fondé une famille : il vit avec son épouse (Ursula) et ses trois enfants (Michael, Peter et Elisabeth)[64]. Paul Matthis s'éteint le 16 décembre 1993 à Bruchsal à l'âge de quatre-vingt ans. Son corps repose au cimetière de Bruchsal[65].

Publication de Paul Matthis

Paul Matthis, Suite immédiates et résultats éloignés du traitement du Mal de Pott par les opérations ankylosantes, thèse de doctorat de médecine, Strasbourg, Université de Strasbourg, 1939, 90 p.

Sources et bibliographie

Sources

Archives départementales du Bas-Rhin (ADBR)

ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis).

ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis).

ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis).

ADBR, 1558 W 677, dossier n°60991 (Raymond Koessler), Lettre de du directeur de la clinique médicale de la Reichsuniversität Straβburg au Kurator de la Reichsuniversität Straβburg au sujet du détachement du Dr. Koessler du service armé, 4 février 1944.

ADBR, 4E900/47, État civil de Hohfrankenheim, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance de Paul M., Acte n°6/1913.

ADBR, 4E339/9, État civil de Niedersoultzbach, Acte de naissance de Jakob M., Acte n°8/1885.

ADBR, 4E204/27, État civil de Hoerdt, Acte de mariage de Jakob M. et Caroline R., Acte n°14/1910.

ADBR, 4E204/8, État civil de Hoerdt, Acte de naissance de Caroline R., Acte n°8/1891.

ADBR, 4E204/26, État civil de Hoerdt, Acte de naissance de Margarete M., Acte n°6/1911.

ADBR, 4E900/44, État civil de Hoerdt, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance de Pierre M., Acte n°63/1921.

ADBR, 126 AL 37, dossier n°1,

ADBR, 126 AL 37, dossier n°4

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg (AVES)

AVES, 7 AH 14, Liste du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg, novembre-décembre 1940 et échanges administratifs.

AVES, 7 AH 15, Liste du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg, novembre 1941-novembre 1944.

BArch, R76-IV/27, Annuaire du personnel de la Reichsuniversität Straβburg repliée à Tübingen, 26 mars 1945.

Autres sources

Journal officiel de la République française. Lois et décrets. Arrêtés, circulaires, avis, communications, informations et annonces, 71e année, n°223, 18 septembre 1939, p. 11574-11575.

New York Academy of Medicine Collection of International Medical Theses, Box 17:19:11, Strasbourg, France (H00514658T), Thèse de doctorat de Paul Matthis. Disponible via http://archives.hsl.unc.edu/nyamtheses/nyamcovers/H00514658T.pdf, [en ligne], consulté le 6 mai 2021.

UA KA, 27001/51l/008b, Rapport du Dr. Matthis, 21 décembre 1944 (cité dans Rainer Möhler, op. cit.)

Sitographie

Cimetière de Hoerdt, https://www.webcimetiere.net/67/Hoerdt/defunt-details/393800, [en ligne], consulté le 26 mai 2021

Avis nécrologique paru dans le journal alsacien Straβburger Neueste Nachrichten, 1944, https://www.malgre-nous.eu/2020/05/14/annonces-de-deces-parues-dans-les-strassburger-neueste-nachri-4/#prettyPhoto, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.

Mémoire des hommes (ministère des Armées), Fiche de Pierre Henri Matthis, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/incorporation_force_alsaciens_mosellans/detail_fiche.php?ref=3409807, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.

Einwohnerbuch der Stadt Bruchsal und Umgebung, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1958, p. 56 et 177, http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.

Einwohnerbuch Bruchsal, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1976, p. 118 et 578, http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.

Einwohnerbuch, Große Kreisstadt Bruchsal, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1981, p. 88 et 353, http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.

BNUS, https://biblio.bnu.fr/opac/query/KF_AU:%22matthis%20paul%201913%22?context=catalogo, [en ligne], consulté le 20 mai 2021.

Bibliographie

Gilbert Klotz, Claude Conraux, « La clinique O.R.L. entre les deux guerres », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 548-549.

Simone Mayer, René Burgun, « Hématologie : fondation de l’école strasbourgeoise », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 505.

Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg, 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 735

Norbert Szamvéber, Waffen-SS Armour in Normandy : The combat history of SS Panzer Regiment 12, Solihull, Helion & Company, 2012.

United States Department of health, education and welfare, Public Health Service, Intex-Catalogue of the Library of the Surgeon’s General’s Office, National library of Medicine, fifth series, vol. 3, Subjects N-Z, Washington, United States Government Printing Office, 1941, p. 1629.

Patrick Wechsler, La Faculté de médicine de la « Reichsuniversität Straβburg » (1941-1945) à l'heure nationale-socialiste, thèse de doctorat de médecine, Strasbourg, Université Louis Pasteur, 1991.


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  • French (1919 - 1940)

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Medizinische Klinik

Medizinische Abteilung A, BürgS

Strasbourg

Nationalsozialistische Arbeiterpartei, NSDAP

Medizinische Abteilung I, RUS

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Rédaction : ©Loïc Lutz



  1. Voir ADBR, 4E900/47, État civil de Hohfrankenheim, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance de Paul M., Acte n°6/1913.
  2. ADBR, 4E339/9, État civil de Niedersoultzbach, Acte de naissance de Jakob M., Acte n°8/1885.
  3. 3,0 3,1 et 3,2 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Lebenslauf J. Matthis, s. d. (probablement 1942).
  4. ADBR, 4E204/27, État civil de Hoerdt, Acte de mariage de Jakob M. et Caroline R., Acte n°14/1910. Voir aussi ADBR, 4E204/8, État civil de Hoerdt, Acte de naissance de Caroline R., Acte n°8/1891.
  5. ADBR, 4E204/26, État civil de Hoerdt, Acte de naissance de Margarete M., Acte n°6/1911. Précisons qu’à sa naissance, elle est prénommée « Margareta Yvonne », mais une mention marginale ajoutée le 19 avril par l’officier d’état civil précise que son prénom a été changé en « Margarete » : « Durch Verfügung des Polizeipräsidenten in Straβburg vom 5. April 1944 ist der Vorname des Kindes in Margarete geändert worden ».
  6. Voir ADBR, 4E900/44, État civil de Hoerdt, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance de Pierre M., Acte n°63/1921.
  7. 7,0 7,1 7,2 7,3 7,4 7,5 et 7,6 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Note de renseignements des Renseignements Généraux, 11 avril 1956.
  8. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Stammbuch, 7 septembre 1941. La mère de Paul Matthis repose aujourd’hui au cimetière de Hoerdt, dans la tombe de la famille Riedinger (V-4-6-004) : voir https://www.webcimetiere.net/67/Hoerdt/defunt-details/393800, [en ligne], consulté le 26 mai 2021.
  9. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Note de renseignements des Renseignements Généraux, 23 février 1951.
  10. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Zusatzblatt zum Stammbuch, 1er septembre 1941
  11. 11,0 et 11,1 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Personalblatt für politische Leiter, 15 février 1941.
  12. 12,0 et 12,1 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Lebenslauf J. Matthis, 7 septembre 1941.
  13. 13,0 et 13,1 Journal officiel de la République française. Lois et décrets. Arrêtés, circulaires, avis, communications, informations et annonces, 71e année, n°223, 18 septembre 1939, p. 11574-11575.
  14. Paul Matthis, Suite immédiates et résultats éloignés du traitement du Mal de Pott par les opérations ankylosantes, thèse de doctorat de médecine, Strasbourg, Université de Strasbourg, 1939, 90 p. Voir aussi New York Academy of Medicine Collection of International Medical Theses, Box 17:19:11, Strasbourg, France (H00514658T), Thèse de doctorat de Paul Matthis. Disponible via http://archives.hsl.unc.edu/nyamtheses/nyamcovers/H00514658T.pdf, [en ligne], consulté le 6 mai 2021; United States Department of health, education and welfare, Public Health Service, Intex-Catalogue of the Library of the Surgeon’s General’s Office, National library of Medicine, fifth series, vol. 3, Subjects N-Z, Washington, United States Government Printing Office, 1941, p. 1629. Voir également la notice sur le site de la BNUS via https://biblio.bnu.fr/opac/query/KF_AU:%22matthis%20paul%201913%22?context=catalogo, [en ligne], consulté le 20 mai 2021.
  15. Venu à Strasbourg depuis Bordeaux à la demande du doyen Weiss en 1921, Georges Canuyt débute comme chargé de cours, puis comme professeur (1922) à la clinique d’oto-rhino-laryngologie à Strasbourg. Avant de venir à Strasbourg, ses travaux portaient essentiellement sur la pathologie de guerre et l’anesthésie locale en ORL et, une fois à Strasbourg, il continue ses recherches sur l’anesthésie entreprend notamment des études sur les substances hémostatiques. Le 1er octobre 1932, il fonde avec Stolz et Reeb (et le concours des hospices civils) le centre de transfusion sanguine d’urgence des hospices civils sur le modèle de celui que son confrère le Dr. Arnault Tzanck avait construit à Paris peu de temps auparavant, avec au départ une cinquantaine de donneurs de groupe O (« donneurs universels »). En juin 1940, alors qu’il avait suivi le repli de l’université et de l’hôpital civil, il a fui la France face à l’arrivée des Allemands, gagnant le Portugal, et travaillant ensuite au Canada, puis à Buenos Aires. Voir à ce sujet Gilbert Klotz, Claude Conraux, « La clinique O.R.L. entre les deux guerres », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 548-549. Voir aussi Simone Mayer, René Burgun, « Hématologie : fondation de l’école strasbourgeoise », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 505.
  16. AVES, 7 AH 14, Liste du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg, 3 novembre 1940.
  17. AVES, 7 AH 14, Lettre du Generaldirektor der Zivilhospizien au Medizinalrat Dr. Walther, 14 novembre 1940.
  18. AVES, 7 AH 14, Lettre du Generaldirektor der Zivilhospizien au Medizinalrat Dr. Walther, 26 novembre 1940.
  19. AVES, 7 AH 14, Directive du directeur général des hospices civils, 29 octobre 1940 : « Bis zur endgültigen Besetzung der ärztlichen Stellen erfolgen die Ernennungen von Ärzten lediglich kommissarisch. Die Ernennung der Chef- und Assistenzärzte untersteht der Genehmigung der Gesundheitsverwaltung ».
  20. AVES, 7 AH 14, Mitteilung du Generaldirektor der Zivilhospizien, 30 novembre 1940.
  21. ADBR, 126 AL 37, dossier n°4 et AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944). Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1944-1945, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, , p. 42. Voir aussi Patrick Wechsler, La Faculté de médicine de la « Reichsuniversität Straβburg » (1941-1945) à l'heure nationale-socialiste, thèse de doctorat de médecine, Strasbourg, Université Louis Pasteur, 1991.
  22. ADBR, 126 AL 37, dossier n°4 et AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944). Voir aussi Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg, 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, , p. 735.
  23. 23,0 et 23,1 ADBR, 126 AL 37, dossier n°1, , Lettre du Kurator de la Reichsuniversität Straβburg à la Gauleitung (Verwaltungs- und Polizeiabteilung), 29 juillet 1944.
  24. ADBR, 126 AL 37, dossier n°1, Lettre de la Gauleitung (Verwaltungs- und Polizeiabteilung) aux Staatliche Gesundheitsämter en Alsace, 12 avril 1944 : « Bei dem erheblichen er Ärztemängel werden die Schwierigkeiten, klinisch genügend ausgebildete Ärzte zur Verfügung zu stellen, immer grösser. Es ist nicht möglich, weiterhin frisch approbierte Jungärzte, die erfahrungsgemäß sich nicht für die freie Praxis, wie überhaupt für verantwortliche Aufgaben, eignen, gleich nach dem Examen in die freie Praxis Notdienst zu verpflichten. [...] Der Reichsgesundheitsführer hat daher angeordnet, sofort mit der Überführung derjenigen Assistenten, die schon längere Zeit in Krankenhäusern und Kliniken sind, zu beginnen. Eine Ausnahme kann nur für solche Assistenten anerkannt werden, die zu Oberärzten aufgerückt sind, oder wegen besonderer Befähigung zur Habilitation, für Chefarztstellen oder sonstige Spitzenstellen vorgesehen sind ».
  25. ADBR, 126 AL 37, dossier n°1, , Lettre du Kurator de la Reichsuniversität Straβburg à la Gauleitung (Verwaltungs- und Polizeiabteilung), 25 septembre 1944.
  26. Voir ADBR, 126 AL 37, dossier n°4.
  27. 27,0 et 27,1 ADBR, 1558 W 677, dossier n°60991 (Raymond Koessler), Lettre de du directeur de la clinique médicale de la Reichsuniversität Straβburg au Kurator de la Reichsuniversität Straβburg au sujet du détachement du Dr. Koessler du service armé, 4 février 1944.
  28. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Politische Beurteilung adressée par la Kreisleitung der NSDAP de Strasbourg (Personalamt) à la Gauleitung (Personalamt), 24 avril 1941. Sur ce document, la Kreisleitung fait référence à la date de la demande de la Gauleitung, émise près d’un mois plus tôt, le 26 mars 1942.
  29. 29,0 et 29,1 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Politische Beurteilung, 24 avril 1942.
  30. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Lettre de la Gauleitung (Personalamt) au doyen de la faculté de médecine de la Reichsuniversität Straβburg, 29 avril 1942 : « Ich mache daher gegen seine Verwendung als Arzt bei der Medizinischen Klinik Einwendungen nicht geltend ».
  31. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Politische Beurteilung, 24 avril 1942.
  32. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), Lettre du Kreispersonalamtsleiter Beck à Jacques Matthis, 8 janvier 1943.
  33. ADBR, 126 AL 37, dossier n°1, Lettre du Kurator de la Reichsuniversität Straβburg à la Gauleitung (Verwaltungs- und Polizeiabteilung), 29 juillet 1944. Voir aussi « Dritte Verordnung zur Sicherstellung des Kräftebedarfs für Aufgaben von besonderer staatspolitischer Bedeutung (Notdienstverordnung) vom 15. Oktober 1938 », Reichsgesetzblatt, Teil I, n°170, 18 octobre 1938, 1441-1442. L’article §1, paragraphe 3 précise en effet que les services dans l’armée, le RAD, la SS ou encore la police sont prioritaires à la Notdienstverpflichtung.
  34. Voir ADBR, 126 AL 37, dossier n°1, . Une première liste de « médecins SS en Alsace » (SS-Ärzte im Elsass) a été établie avec quatorze noms, mais seuls quatre ont été soulignés, les autres étant flanqués d’un « nein ». Ensuite, le 19 février 1941, la Gauleitung adresse à la Ergänzungstelle der Waffen-SS de Stuttgart les noms des quatre médecins susceptibles d’être versés dans la Waffen-SS. Mais le nom de Paul Matthis n’apparaît dans aucun de ces échanges, car il était à Heidelberg à ce moment-là, mais cela n’exclue toutefois pas qu’il ait tout de même été SS.
  35. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Carte de membre du parti nazi.
  36. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Avis de nomination de J. Matthis au poste de kommissarischer Ortsgruppenleiter de Hoerdt signé par le Kreisleiter H. Bickler de Strasbourg, 1er septembre 1940.
  37. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis),, Personalspiegel für Bürgermeister und Beigeordnete im Elsass, 26 décembre 1942.
  38. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Aktenvermerk, Kreispersonalamtsleiter, 1943.
  39. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Aktennotiz, 31 janvier 1944.
  40. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Personalspiegel für Bürgermeister und Beigeordnete im Elsass, 26 décembre 1942. Notons qu’il avait fait sa demande d’adhésion au parti nazi dès le 16 mai 1941 : voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), Lettre de J. Matthis au Kreispersonalamtsleiter concernant son entrée (Aufnahme) au parti nazi, 16 mai 1941.
  41. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Personalspiegel für Bürgermeister und Beigeordnete im Elsass, Beurteilung des Kreisamtsleiters für Kommunalpolitik, 29 janvier 1943 : « Pg. Matthis ist ein alter Volkstumskämpfer und ist sowohl in politischer als auch in fachlicher Hinsicht der richtige Mann am richtigen Platz ». Cette évaluation a été ajoutée sur le dossier rempli par Matthis le 26 décembre 1942 dans l’encadré prévu à cet effet.
  42. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Begutachtungsbogen du Kreispersonalamtsleiter Bickler, 8 septembre 1942.
  43. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Jacques Matthis), , Beurteilung du Leiter der Gauschulungsburg, 26 avril 1941.
  44. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), , Note de renseignement des Renseignements Généraux, 23 février 1951.
  45. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), , Note de renseignement des Renseignements Généraux, 4 janvier 1949.
  46. Voir ADBR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), pièces allemandes. Au sujet de H. Wöhrlin, il convient de préciser qu’il était membre du parti nazi depuis le 1er mai 1933 (n°3.023.841) et qu’il avait servi dans les Jeunesses hitlériennes à Karlsruhe comme Musikreferent, puis comme Abteilungsleiter. Mobilisé dans la Wehrmacht en 1939, il avait été détaché du service armé pendant près d’un an en 1940, ce qui lui a permis d’assurer la fonction de directeur par intérim de l’école de musique municipale de Strasbourg (rue Erckmann-Chatrian), manifestant toujours un comportement « correct à l’égard des professeurs [sous la direction] et des élèves ». Rappelé dans l’armée dès 1942 comme Feldwebel, il servait également en qualité de Landesleiter der Reichsmusikkammer. Après-guerre, tandis que sa femme a réussi à rejoindre l’Alsace pour rouvrir son officine, H. Wöhrlin est contraint de rester en République fédérale d’Allemagne avec les enfants du couple.
  47. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), , Politische Beurteilung H. Wöhrlin, 11 décembre 1943.
  48. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), Note de renseignement des Renseignements Généraux, 23 février 1951. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), Note de renseignement des Renseignements Généraux, 4 janvier 1949.
  49. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis).
  50. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Pierre Matthis), , Lettre du Kreispersonalamtsleiter Besenfelder à la Personalabteilung de la Hitlerjugend de Bade, 30 août 1941 : « Beide nahmen vor dem Krieg aktiv an dem deutschen Volkstumskampf im Elsass teil ».
  51. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Pierre Matthis), , Demande d’adhésion au parti nazi, 15 août 1941.
  52. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Pierre Matthis), , Demande d’adhésion au parti nazi, 15 août 1941, note manuscrite : « M[atthis] geht am 23/8/41 als Freiwilliger zur Waffen SS ».
  53. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Pierre Matthis), , Échanges de lettres entre la 122e SS-Standarte de Strasbourg et la NSDAP-Kreisleitung de Strasbourg, septembre-octobre 1941.
  54. Bernd Wegner, Hitlers politische Soldaten: die Waffen-SS, 1933-1935. Leitbild, Struktur und Funktion einer nationalsozialistischen Elite, Paderborn, Verlag Ferdinand Schöningh, 2010, 400 p.
  55. Voir ici l’avis nécrologique paru dans le journal alsacien Straβburger Neueste Nachrichten, 1944, disponible via https://www.malgre-nous.eu/2020/05/14/annonces-de-deces-parues-dans-les-strassburger-neueste-nachri-4/#prettyPhoto, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.
  56. Voir tout particulièrement la reproduction de la feuille de route rédigé le 25 septembre 1944 par le chef du régiment relatant les événements des combats dans Norbert Szamvéber, Waffen-SS Armour in Normandy : The combat history of SS Panzer Regiment, Solihull, Helion & Company, 2012, p. 123 et 129-130.
  57. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Pierre Matthis), , Procès-verbal de renseignements administratifs sur Pierre Matthis (gendarmerie nationale), 16 août 1945. Ayant été reconnu comme Alsacien après son décès, l’État français a refusé de lui accorder la mention « mort pour la France » le 24 juillet 1950. Voir Service historique de la Défense, Fiche de Pierre Henri Matthis, disponible sur le site Mémoire des hommes (ministère des Armées) via https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/incorporation_force_alsaciens_mosellans/detail_fiche.php?ref=3409807, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.
  58. Cité dans Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg, 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 533.
  59. UA KA, 27001/51l/008b, Rapport du Dr. Matthis, 21 décembre 1944. Cité dans Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg, 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 521 (note 2193) et p. 725 (note 2981).
  60. BArch, R76-IV/27, Annuaire du personnel de la Reichsuniversität Straβburg repliée à Tübingen, 26 mars 1945.
  61. Voir par exemple ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Yvonne Matthis), Note de renseignements des Renseignements Généraux, 23 février 1951.
  62. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Paul Matthis), , Note du Secrétaire général du Bas-Rhin au Commissaire divisionnaire, chef du service des Renseignements Généraux, 22 mars 1956. En fait, cette enquête avait été initiée après que Jacques Matthis ait demandé « la délivrance d’un passeport français ».
  63. Einwohnerbuch der Stadt Bruchsal und Umgebung, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1958, p. 56 et 177. Voir sur http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021. Il n’a pas été possible de dater précisément la date du début de son activité médicale privée, mais il est certain qu’il a créé son cabinet médical avant 1958, une date qui correspond au premier annuaire de Bruchsal retrouvé.
  64. Einwohnerbuch Bruchsal, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1976, p. 118 et 578, disponible sur http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021. Voir aussi Einwohnerbuch, Große Kreisstadt Bruchsal, Karlsruhe, KBK-Druckerei und Verlag, 1981, p. 88 et 353, disponible sur http://genwiki.de/Kategorie:Adressbuch_Bruchsal, [en ligne], consulté le 25 mai 2021.
  65. Merci à Ute Baumann de la Friedhofsverwaltung de la ville de Bruchsal pour ses recherches et son soutien (mail du 2 juillet 2021)