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Alfred Julius Werner Rohde

De Commission Historique


Alfred Julius Werner Rohde
Prénom Alfred Julius Werner
Nom Rohde
Sexe masculin
Naissance 11 avril 1904 (Marburg / Hesse)
Décès 11 octobre 1946 (Hameln / Basse-Saxe)
These Ein Fall von Syringocystadenom (Marburg / Hesse, 21 mars 1930)
Directeur de thèse Prof. Dr. Ruete
Autorisation d'exercer la médecine 5 décembre 1929
Profession Dentiste

Titre Dr. med. dent.

Spécialités Zahnheilkunde


Né le 11 avril 1904 à Marburg, Werner Rohde est un médecin national-socialiste qui a servi dans les camps de concentration d’Auschwitz et de Natzweiler. Dentiste de formation (1930), il ouvre un cabinet de dentiste, avant d’effectuer un deuxième doctorat en médecine générale (1942).


Nazi convaincu et militant actif, il sert à partir d’août 1942 au SS-Lazarett à Berlin-Lichterfelde et est détaché à différents postes dans la SS, pour remplacer un confrère ou pour assurer les soins à l’école de formation des officiers SS de Brunswick. En 1942, il est jugé par un tribunal de la SS et de la police à Dresde pour non-assistance à personne en danger, mais est acquitté. Heinrich Himmler valide le jugement mais ordonne néanmoins trois semaines de mise aux arrêts de rigueur.


Envoyé dans un bataillon de combat début 1943, il est muté en mars 1943 à Auschwitz, où il sert comme médecin. Son épouse, militante nazie active, l’accompagne et travaille avec lui à l’infirmerie SS. En juillet 1944, il est muté au KL-Natzweiler en Alsace annexée de fait. Avec l’évacuation du camp-principal, il devient le médecin-principal d’un camp de concentration fonctionnant sans camp-souche, depuis le complexe des camps Wüste dans le Jura souabe.


Après la guerre, il comparaît devant un tribunal militaire britannique à Wuppertal (mai-juin 1946), où il est reconnu coupable et condamné à mort pour sa participation dans l’assassinat des quatre agents féminins du SOE, tuées au KL-Natzweiler dans la nuit du 6 au 7 juillet d’injection de phénol pur dans les veines. Il est exécuté à Hameln le 11 octobre 1946.

Biographie

Parcours scolaire et professionnel


Werner Rohde est né le 11 avril 1904 à Marburg dans le Land de Hesse. Son père, Richard Rohde, né le 11 mai 1872 à Walkenberg, était enseignant. Son grand-père paternel était également enseignant et son arrière-grand-père paternel était paysan et occupait la fonction de maire du petit village de Wernswig (faisant partie de la ville de Homberg/Efze depuis la réforme territoriale de 1971), d’où est originaire la famille Rohde. Richard Rohde se marie le 7 juillet 1896 à Fulda avec Margarethe Schröder, née le 22 juillet 1876 à Heubach. Celle-ci est issu d’un milieu davantage modeste que les Rohde, et descend plus précisément d’une famille d’aubergistes et d’agriculteurs. Les deux branches familiales (Rohde et Schröder) sont de confession protestante[1]. De l’union de Richard et Margarethe naissent, outre Werner, un autre garçon, devenu plus tard Arbeitsführer au RAD, ainsi qu’une fille[2].


Élevé dans un milieu cultivé, aisé et bénéficiant d’une éducation religieuse, Werner fréquente durant quatre années une école élémentaire (Volksschule) de Marburg, avant de poursuivre sa scolarité dans le secondaire en allant dans un lycée moderne (Realgymnasium) à Marburg, jusqu’à la classe « O’Prima ». Élève manifestement travailleur, doué et brillant, il décroche son baccalauréat en 1926 (Zeugnis der Reife des Realgymnasiums) [3]. Rappelons que dans le système scolaire et éducatif de la République de Weimar, les enfants qui fréquentent les bancs des établissements du secondaire sont rares (6% en 1930) et plus rares encore sont ceux qui obtiennent leur baccalauréat (à peine 1% d’une classe d’âge en 1930)[4].


Durant ses années de lycée, alors qu’il a à peine dix-neuf ans, Rohde approche déjà les milieux radicaux d’extrême-droite et devient membre de la SA de Marburg en 1923/1924, où il remplissait principalement des missions de protection à l’occasion des rassemblement nazis (Saalschutz). Il y suit également une formation militaire, en tant que SA-Mann, alors dispensée par la Reichswehr[5]. Rohde se retire provisoirement de la SA pour se consacrer plus pleinement à ses études. Une fois son baccalauréat obtenu, il s’inscrit ensuite à la faculté de médecine de l’Université de Marburg, où il suit huit semestres, en se spécialisant dans la médecine dentaire (Zahnheilkunde) [6]. À la fin du 3e semestre, il obtient sa Zahnärztliche Vorprüfung avec la mention « bien ». À la fin du septième semestre, le 5 décembre 1929, il obtient son approbation d’exercer la médecine dentaire (Approbation als Zahnarzt) : il décroche sa zahnärztliche Prüfung avec la mention « très bien » [7].


Le 6 janvier 1930, Werner déménage à Goddelau à plus d’une centaine de kilomètres de Marburg et vit par intermittence à Goddelau et à Marburg. En 1930, il obtient son Staatsexamen et son Doktorexamen. Sous la direction du Prof. Dr. Ruete, il soutient sa thèse de doctorat en médecine dentaire le 21 mars 1930 à la clinique universitaire de dermatologie de Marburg (Universitäts-Hautklinik) et obtient le grade de docteur en odontologie. Sa thèse, intitulée « Ein Fall von Syringocystadenom », est publiée en 1930 à l’imprimerie universitaire de Marburg R. Friedrich[8]. Manifestement, Rohde ouvre tout d’abord son propre cabinet de dentiste à Marburg, puis s’installe à Goddelau (Hesse) [9]. Il exerce son activité de dentiste parallèlement à ses engagements dans les formations paramilitaires nationales-socialistes jusqu’en 1938 (voir infra).


Le 11 avril 1930, quelques jours après avoir soutenu sa thèse de doctorat en odontologie, Werner Rohde épouse la fille du libraire Gottlieb Braun (Hof-Verlagsbuchhändler) dénommée Käthe Sophie Braun, née le 20 juillet 1907 à Marburg. Celle-ci a fréquenté pendant huit année le lycée à Marburg, jusqu’en 1922, avant de poursuivre ses études durant deux années supplémentaires dans une école de commerce (Kaufmännische Handelsschule). Du 1er juin 1925 au 1er mai 1926, elle travaille dans un presbytère protestant de Kassel, vraisemblablement comme femme de ménage. Du 1er octobre 1928 au 1er mars 1930, elle travaille comme assistante dentaire (zahnärztliche Helferin) à la clinique universitaire de Marburg[10]. C’est probablement là qu’elle a rencontré son futur mari. Dix jours après leur mariage, le 21 avril 1930, le couple quitte définitivement Marburg et s’installe à Goddelau. Les jeunes mariés sont alors domiciliés à la Horst-Wessel-Allee Nr. 12. De l’union de Werner et Käthe Rohde naît une fille le 20 juillet 1935.


Une carrière au service du national-socialisme : de la SA à la SS


Ce n’est qu’une fois les nazis arrivés au pouvoir que Rohde prend fait et cause pour le mouvement national-socialiste. Alors qu’il avait déjà été membre de la SA durant sa scolarité (1923/1924), Werner intègre à nouveau la plus grande et la plus puissante formation paramilitaire du parti, dès le 23 mars 1933. Le 1er avril 1933, il devient membre du parti nazi et obtient le matricule 1.663.050 ; il est l’un de ces « Märzgefällene » qui ont pris position pour le régime entre le 30 janvier et le 1er mai 1933, donc clairement après la nomination d’Adolf Hitler au poste de chancelier du Reich. Rohde fait plus généralement partie des quelque 2,1 millions d’Allemands qui sont devenus membres en 1933 (61% des adhérents), en l’occurrence ici après les élections législatives du 5 mars qui ont porté le parti nazi à plus de 49% des voix[11]. Le 18 avril 1933, en sa qualité de dentiste, il adhère au Nationalsozialistischer Deutscher Ärztebund (NSDÄB) et obtient le matricule 3816.


De même, comme son époux, Käthe Rohde devient membre du parti nazi, mais un mois après lui, le 1er mai 1933 (n°2.601.602) [10]. Elle fait ainsi partie des quelque 1,3 million d’Allemands qui ont encore adhéré à la NSDAP à la date limite ; le parti ayant ordonné un blocage des adhésions ce jour. Pour comparaison, Björn Weigel remarque que seules 204.000 personnes sont devenues membres en avril 1933 [12]. C’est une femme très active dans les milieux militants nationaux-socialistes. Le 6 juin 1933, elle adhère à la NS-Frauenschaft (n°10.345). Elle par ailleurs est inscrite au mouvement « Kraft durch Freude » (n°604.898), une organisation de loisirs. Elle cotise aussi au secours populaire nazi, le NSV (n°3.071.261). À compter du 1er avril 1936, elle est même l’un des « membres bienfaiteurs de la SS » (fördernder Mitglied der SS) ; son livret portant le n°612.710[10].


Le parcours de Werner Rohde ne s’arrête pas avec l’obtention de sa carte du parti. Il devient un membre très actif dans la SA. Pendant un mois, du 1er au 28 mai 1933, Werner Rohde effectue volontairement une formation (Ausbildungskurs) à la police de sécurité de Darmstadt (Hessische Schutzpolizei) [3]. De là, il gravit rapidement les échelons et obtient des postes à responsabilités, ce qui traduit son efficacité, son zèle et la confiance que ses supérieurs placent en lui. Ainsi, dès le 1er juin 1933, il est chargé de commander le Nachrichtensturm 19/168, devenu plus tard le SA-Sturm 3/143. Il occupe ce poste jusqu’au 31 juillet 1934, après avoir été nommé SA-Rottenführer en septembre 1933 et SA-Oberscharführer en janvier 1934. Durant tout le mois d’août 1934, Rohde est formateur (Ausbildungsreferent) au sein du SA-Sturm 3/143. Par la suite, à compter du 1er septembre 1934, le Brigadearzt lui a proposé d’assumer les fonctions d’un Standartzahnarzt au sein du SA-Standart dont il dépend.


Ainsi, même après la Nuit des longs couteaux le 29 juin 1934, Rohde reste dans la SA. Néanmoins, il fait sa demande pour basculer dans l’autre formation paramilitaire du parti nazi, la SS. Malgré son ancienneté dans la SA et son statut de docteur en médecine dentaire, Rohde redevient simple recrue dans l’Allgemeine-SS dès le 1er janvier 1936, ce qui ne l’empêche pas de devenir un Vertrauensmann du SD de Himmler dès la même année[13] . Il est alors rattaché à l’unité SS 11/III/33, mais pour pouvoir devenir SS, Rohde a dû présenter son arbre généalogique et donner la preuve que rien n’accuse la présence, dans son sang et son héritage ancestral, d’éléments incriminants. L’organe compétent de la SS en matière de pureté de la race est le SS-Rasse- und Siedlungshauptamt (RuSHA), l’Office central de la SS pour la race et le peuplement. Ce service, dépendant du chef suprême de la SS, Heinrich Himmler, était notamment chargé d’instruire les dossiers de demandes de mariages des SS. Ici, comme Rohde était déjà marié, le RuSHA a dû valider ce mariage et vérifier s’il correspondait aux idéaux nationaux-socialistes. Le 10 décembre 1936, après avoir rempli l’ensemble des formulaires demandés, Rohde et son épouse envoient au RuSHA leur demande de confirmation du mariage. Conformément à une ordonnance du Reichsführer-SS Himmler du 5 septembre 1936, il doit faire parvenir au RuSHA son arbre généalogique avec tous les actes d’état civil[14].


Le dossier met du temps à être instruit et examiné, mais dans un courrier daté du 13 juillet 1937, Rohde, qui est encore assimilé à un simple SS-Bewerber et ne possédant pas encore de numéro de matricule dans la SS, se voit signifier par chef du Sippenamt que « le RuSHA n’a aucune réticence au sujet du mariage déjà contracté avec Käthe Braun » [15]. Son mariage est validé le 14 juillet 1937. Le 30 juillet, une note interne à la SS indique que « le RuSHA ne constate aucun problème de santé héréditaire [chez Rohde] » et que précise la demande d’adhésion dans la SS est accordée[16]. Il avait en effet plusieurs atouts de son côté pour que son entrée dans la SS soit validée : l’homme est grand – il mesure 189 cm –, il correspond aux différents critères nationaux-socialistes, il est un nazi de la première heure et peut, en cela, prétendre porter sur son uniforme l’insigne des « anciens combattants » (Winkel für alte Kämpfer). Sa vie de couple est exemplaire, sa situation économique est tout à fait correcte, sa « pureté de la race » est conforme. Pour satisfaire aux exigences de fidélité dans la SS qui menait une politique antireligieuse et qui cherchait à assurer le monopole des consciences, Rohde s’est même retiré de la religion et est devenu simple croyant (gottgläubig) le 24 avril 1937[17].


Pour devenir SS, Rohde a également dû écrire son Lebenslauf, c’est-à-dire une rédaction ou un récit de vie qui mélange le contenu d’un curriculum vitae. Et celui d’un texte bien plus personnel et personnalisé. Leur narrateur y restitue notamment les principales étapes de sa vie, son milieu familial, le déroulement de ses études, son univers affectif parfois, mais surtout son engagement pour la cause nationale-socialiste[18]. Ce genre de document, ayant pour vocation de promouvoir, sinon de catalyser une carrière, est en effet une source de première main, qui permet d’approcher l’univers mental et la disposition d’esprit de son rédacteur, cherchant à aller dans le sens de ses supérieurs, se présenter tel un nazi convaincu pour obtenir la faveur demandée, en l’occurrence ici voir son mariage accordé et pouvoir entrer dans la SS. Signalons que parallèlement à l’étude de son dossier par les autorités compétentes, le même temps, Rohde a suivi, du 5 au 31 juillet 1937, une nouvelle formation militaire (Waffenausbildung). Si sa première formation, effectuée quelques mois après la prise de pouvoir des nazis en 1933, était encadrée par un corps de la police (Schupo), cette fois, il est formé dans la « nouvelle Wehrmacht », dans un bataillon du 115e régiment d’infanterie. À l’issue de cette formation, tous ses papiers étant en règle, Rohde en ressort SS de plein droit, avec le grade de deuxième classe (SS-Schütze). Il obtient dès lors son numéro de matricule (283.486)[14].


Retour sur les bancs de l’Université et affectation au sein du SS-Lazarett

En 1938, fort de son parcours au sein des structures nationales-socialistes, il abandonne sa profession de dentiste et retourne sur les bancs de l’Université, pour y étudier la médecine générale (Vollmedizin). Ses études sont momentanément suspendues avec le déclenchement de la guerre. Toujours est-il qu’en juin 1942, il réussit l’examen médical d’État et obtient son doctorat de médecine (Dr. med.)[19]. Plus précisément, à partir du mois d’août 1938, Rohde s’installe à nouveau à Marburg, au numéro 10a d de la Bernhard-Rust-Straße. Il reprend ses études à l’Université de Marburg. Parallèlement, il est aussitôt affecté dans un escadron sanitaire, le Sanitätsstaffel II/35 (une formation du 35e SS-Standart), en qualité de dentiste. Mais dans les documents le concernant, il n’oublie pas de mentionner son nouveau statut d’étudiant : « Dr. med. dent. Werner Rohde, stud. med. » ou « cand. med. ». Dans cette nouvelle affectation, le service de Rohde est là encore très apprécié par ses supérieurs. Les promotions sont rapides. De son entrée dans la SS en 1936-1937 comme simple recrue jusqu’en 1942, Rohde gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire jusqu’à se hisser au rang d’officier SS, avec le grade de sous-lieutenant SS. Par exemple, près de neuf mois après son arrivée à Marburg, le chef du 35e Standart, basée à Kassel, le SS-Standartenführer Florstedt – futur cadre des camps de concentration de Buchenwald, Sachsenhausen, Mauthausen et futur commandant du centre de mise à mort de Majdanek-Lublin –, nomme Rohde SS-Unterscharführer le 30 mai 1939[20]. Les avis de ses supérieurs sont élogieux, comme en témoigne cette recommandation du médecin-chef d’un groupement de la SS (Oberabschnittsarzt) basé à Fulda-Werra en juillet 1939, qui propose déjà de le nommer sous-lieutenant : « Rohde ist ein alter Nationalsozialist und gehörte der Bewegung bereits schon 1923/24 an. Aus Studiumsgründen musste er aber z. Zt. wieder austreten. Seit dem 23. März 1933 gehörte er bis zum 31. Dezember 1935 der SA wieder an und trat am 1. Januar 1936 von der SS zur SS über. In der SA war er SA-Oberscharführer und Standartenzahnarzt. Seit seiner Übersiedlung nach Marburg – Januar 1939 – versieht er seinen SS-Dienst zur vollsten Zufriedenheit und besitzt die nötigen Fähigkeiten eines SS-Untersturmführers. R[ohde] ist zum Blutordensträger vorgeschlagen. [...] »[21].

Beurteilung I. Rassisches Gesamtbild: nordisch mit falschem Einschlag II. 1. Character: offen, frei, ehrlich II. 2. Wille: gut und geprägt II. 3. Gesunder Menschenverstand: vorhanden II. 4. Wissen und Bildung: seinem Beruf entsprechend II. 5. Auffassungsvermögen: II. 6. Nationalsozialistische Weltanschauung: vollkommen überzeugt Tableau 1: Prise de position du chef de compagnie du Dr. Rohde pour son avancement[22].


Ainsi, alors qu’il avait été nommé sergent en mai 1939, deux mois plus tard, son chef de section le proposait pour l’élever à la dignité d’officier, sans passer par les grades intermédiaires. Toutefois, la promotion n’est pas tout de suite accordée par le SS-Führungshauptamt et Rohde est contraint de gravir les échelons un a un. Au cours de l’année 1941, dans le cadre de ses études de médecine, il rejoint l’institut d’hygiène de l’université de Marburg dirigé par le Professeur et SS-Obersturmbannführer Wilhelm Pfannenstiel (1890-1982) [13] . Dans le même temps, il entre dans la Waffen-SS, le 2 mai 1941. En juin 1942, après plus de quatre ans d’études, interrompues par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Rohde passe son examen médical d’État et obtient son doctorat de médecine générale. Ainsi, à 38 ans, après être devenu médecin, Rohde commence à servir au bataillon sanitaire de réserve sis à Oranienburg pendant un mois, du 13 juillet au 13 août 1942[14]. À cette date, il est muté comme médecin au SS-Lazarett de Berlin-Lichterfelde avec le grade de SS-Hauptscharführer, puis est rapidement détaché dans d’autres services loin de la capitale. Ainsi, du 15 août au 2 septembre 1942, Rohde est appelé à remplacer le Dr. et SS-Untersturmführer Lorenz durant ses congés : il sert alors de médecin auprès du bataillon « Der Führer » de l’infanterie de réserve de la SS basé à Stralsund[23]. Manifestement efficace et apprécié par ses supérieurs, Rohde est aussitôt envoyé à Brunswick où, du 3 au 20 septembre 1942, il intègre le service médical de l’école de formation des officiers SS, afin de dispenser les soins aux élèves-officiers[24]. Les efforts et le zèle de Rohde finissent par être récompensés car le 12 septembre 1942, alors même qu’il remplace à Stralsund un médecin-officier parti en congé, le service sanitaire du SS-Führungshauptamt le propose pour devenir officier. Il est clairement indiqué que « l’aptitude au grade proposé est prouvée par ses compétences professionnelles et sa fonction actuelle » [25]. La nomination est effective à compter du 9 novembre 1942, à une époque où Rohde est à nouveau détaché du SS-Lazarett de Berlin[26]. En fait, depuis le 21 septembre 1942, il se trouve au centre de recrutement (SS-Ergänzungsstelle) « Elbe » à Dresde. Le soir de sa promotion, Rohde et certains de ces collègues se sont retrouvés dans un bistrot et ont fêté cet événement, une fête qui se termine au tribunal.


Un passage au tribunal


Le 3 décembre 1942, le Dr Werner Rohde et cinq autres coaccusés comparaissent devant un tribunal de la SS et de la police à Dresde. Tous étaient affectés au bureau de recrutement « Elbe », situé au Tiergartenstraße Nr. 46 à Dresde[27]. En fait, le 9 novembre 1942, les accusés Horst Koppenhagen (né en 1919) et Werner Rohde (né en 1904) sont respectivement promus au rang de SS-Obersturmführer et SS-Untersturmführer. À cette occasion, les accusés se sont retrouvés le soir pour une fête dans le bar à vin « Mutter Unger » à Dresde, à 19 heures. Certains SS sont venus accompagnés de femmes. « En tout, ce sont neuf personnes qui ont ainsi participé à ladite fête. Au cours de la soirée, environ 5 litres de vin ont été bus. Il s’agissait d’un vin hongrois amer. En plus du vin, une bouteille de liqueur et une bouteille de cognac – que les accusés avaient apportées – ont été vidées. Pendant ce temps, les accusés ont également mangé. Le bar était complet. À la table voisine étaient assis des officiers de la Wehrmacht, accompagnés de femmes, qui ont été invités par les accusés à boire avec eux du schnaps qu’ils avaient apportés et en ont bu une dose considérable. Les accusés n’étaient pas ivres, mais étaient tout de même éméchés et gais » [28].

Vers 22h30, après avoir récupéré leur manteau au vestiaire, les accusés quittaient le bar progressivement. Ils ne sont toutefois pas partis au même moment car en raison de la fermeture de l’établissement, il y avait une foule au niveau du vestiaire. Rohde a quitté le bar en dernier « car il a encore réservé une table pour le lendemain ». Par une soirée « remarquablement sombre », où il pluviotait quelque peu, les accusés se dirigés vers l’arrêt de tramway, où un incident oppose l’un des participants, Petrusch, et le conducteur d’un tramway qui allait jusqu’au dépôt. Petrusch voulait monter dans le tramway, mais le contrôleur lui aurait dit, ainsi que Petrusch le prétend, « allez vous-en ! Vous n’avez rien à faire ici », avant de le menacer de lui « en met[tre] une ». À ce moment-là, un autre accusé se mêle à cet échange, puis la confrontation en vient rapidement aux mains Petrusch ayant fait reculer le conducteur. Celui-ci pousse l’autre officier SS et l’agrippe au manteau. Petrusch le gifle alors en retour, tandis que d’autres font même usage de leur arme. Le Dr Rohde s’est approché du conducteur blessé, lui expliquant qu’il est médecin et qu’il voulait l’ausculter. Mais celui-ci refuse énergiquement, insultant Rohde et doutant de sa qualité de médecin. Rohde s’est donc résigné, regardant simplement si du sang sortait de la bouche et en déduire s’il y avait une blessure interne ou non, ce qui n’était manifestement pas le cas. Rohde en conclut que le conducteur « exagérait ses plaintes d’une manière hystérique ». L’incident se termine quand un fonctionnaire de police vient sur place, mais au cours d’un échange manifestement tendu entre le policier et les officiers SS, Rohde aurait dit « ne vous faites pas de soucis, nous sommes de la SS ! ». Ce fâcheux incident qui entache le parcours jusque-là brillant du Dr Rohde. Comme ces cinq camarades, il est placé en détention provisoire depuis le 23 novembre 1942. Une procédure d’instruction judiciaire militaire est ouverte par le SS- und Polizeigericht V de Dresde en collaboration avec la police criminelle de Dresde. Le 27 novembre, l’information judiciaire est terminée, l’acte d’accusation est émis le lendemain et une audience est fixée au 3 décembre 1942 à 16 heures[29]. Tous les membres de ce tribunal militaire sont des juges SS, dont le président est le SS-Obersturmführer Wolfgang Reinholz. Au cours de l’instruction, les enquêteurs se renseignent auprès des supérieurs de Rohde et constatent que ses états de services sont excellents et qu’il n’a pas d’antécédents judiciaires ou disciplinaires. Ils remarquent toutefois « qu’après avoir réussi son examen médical d’État, il est arrivé au SS-Lazarett à Berlin comme Hauptscharführer pour une formation clinique, mais il n’y est resté que quatorze jours, avant d’être utilisé ailleurs, si bien que la formation clinique lui fait défaut » [28]. Pour l’accusation, tous les inculpés étaient accusés d’avoir collectivement perturbé l’ordre public. Koppenhagen est accusé d’avoir donné une gifle au chauffeur du tramway ; or, un tel acte commis à l’encontre d’une personne âgée, constitue un « mauvais traitement » (Mißhandlung). Il est donc accusé d’avoir « maltraité physiquement » le conducteur. De son côté, Rohde est accusé de « non-assistance à personne en danger ». À l’issue d’un rapide procès, Koppenhagen est condamné à deux semaines de mises aux arrêts de rigueur pour « outrage en lien avec blessure légère » ; sa peine étant reconnue comme purgée au regard de la durée de détention préventive qu’il a déjà passé. Les accusés Petrusch et Lewandowski sont condamnés à deux mois de prison pour usage illégal de leur arme, pour comportement indigne et pour tapage nocturne. Enfin, le Dr Rohde et deux autres accusés sont acquittés. Le 3 février 1943, le chef suprême de la SS, Heinrich Himmler confirme le jugement rendu par ce tribunal. Toutefois, Himmler entend le punir disciplinairement : il condamne le Dr Rohde à trois semaines de mise aux arrêts de rigueur pour avoir dit au fonctionnaire de police : « ne vous faites pas de soucis, nous sommes de la SS ! », un comportement jugé indigne d’un officier SS[30]. À la suite de cet événement, le commandement du Dr Rohde auprès du prestigieux service « Leitender Arzt » du SS-Hauptamt – dont dépendait le bureau de recrutement où il était affecté – est suspendu à compter du 14 décembre 1942. Dès le 1er janvier 1943, il est muté, certainement disciplinairement, dans le service de santé d’un bataillon de combat, le 1er bataillon d’infanterie de réserve de la SS à Varsovie jusqu’au 11 mars 1943[31].


Vers une carrière dans les camps de concentration


Après son service de santé dans le bataillon de combat de la Waffen-SS, Rohde entre dans le service des camps de concentration, comme Lagerarzt. De mars 1943 à fin juin 1944, il sert au camp d’Auschwitz-Birkenau. Participant aux sélections sur la rampe à Auschwitz, Rohde, souvent alcoolisé, est au cœur du système d’extermination. Il sélectionne notamment des déportés typhiques qu’il fait envoyer à la chambre à gaz. Début 1943, il fait assassiner quelques dizaines enfants polonais de Zamocz, âgés de treize à dix-sept ans avec des injections de phénol[13] . Il acquière sur place une sinistre réputation, où il était l’un des adjoints du Dr Josef Mengele[32][33] . Rohde participé à de nombreuses expériences sur des cobayes humains, auxquels il faisait absorber de l’Evipan ou un morphinique. Au lendemain de l’une de ces expérimentations, alors que l’un de ses collaborateurs lui racontait l’agonie de ses victimes, Rohde aurait déclaré avec excitation : « Eh bien, ils ont eu une mort amusante ! » [34] . Il semblerait que Käthe Rohde ait travaillé avec son mari de temps à autres à l’infirmerie SS au camp d’Auschwitz. Certains prétendent qu’elle se soit enrichie, tandis que sa servante polonaise, explique que Mme Rohde ne se sentait pas à l’aise à Auschwitz[35]. Après Auschwitz, le Dr Rohde est muté au camp de concentration de Natzweiler en Alsace annexée, en qualité de Standortarzt et 1. Lagerarzt, à compter du 29 juin 1944[36]. Au moment du procès de Wuppertal, le commandant Hartjenstein a précisé que « le Dr Rohde, que je connaissais déjà d’Auschwitz, est venu peu de temps après [lui] »[37] .Dans sa propre déposition, Rohde explique que « Plaza […] est resté jusqu’au 10 juillet 1944 afin de m’aider à le remplacer », précisant ne pas être certain du jour exact de son départ[38] . Il est le dernier médecin-chef du KL-Natzweiler, le dernier qui officie depuis le camp-souche. En effet, après l’évacuation du camp-principal en septembre 1944 et jusqu’en avril 1945, Rohde exerce ses fonctions depuis les camps extérieurs de l’Unternehmen Wüste dans le Jura souabe. Ainsi que le souligne Robert Steegmann, il « devient le médecin principal de l’ensemble du réseau du KL-Natzweiler, à une époque où les grands camps annexes se dotent d’un médecin SS sur place […] Après le mois de septembre, il est rarement présent, et prend toujours ses décisions sous l’emprise de la colère et, le plus souvent, de l’alcool. L’ensemble du groupe Wüste est placé sous sa responsabilité directe et très épisodique » [34] . Dès son arrivée à Natzweiler, le Dr Rohde, précédé d’une sinistre réputation, participe à l’assassinat des quatre agents féminins des services secrets britanniques (SOE, Special Operations Executive), Andrée Borrel, Sonia Olschanezky, Vera Leigh et Diana Rowden. Avec son confrère, le Dr Heinrich Plaza avec qui il échange son poste, il administre une piqûre mortelle de phénol pur dans les veines de la première femme, avant de passer le relais au Dr Plaza pour les trois suivantes. Leurs corps sont immédiatement incinérés dans le four crématoire du camp (cf. infra) [39] . Si Rohde est dur, volontiers brutal et adepte des exécutions par injections, l’ambivalence du personnage est à nouveau perceptible par un avis extrêmement favorable émis par le commandant du camp de Natzweiler :

« Le SS-Untersturmführer Dr Werner Rohde sert au KL-Natzweiler en qualité de Standortarzt. Le SS-Untersturmführer satisfait à toutes les exigences en termes de caractère et d’attitude, qui sont attendues de la part d’un officier SS. Il faut notamment souligner sa disposition à servir. Rohde est très intelligent et possède de solides connaissances et de bonnes capacités. D’un point de vue médical, il est extrêmement consciencieux. Sa prestance et son attitude envers ses supérieurs sont corrects, militaires ; c’est un très bon camarade. Il est populaire auprès de ses subordonnés par son attitude ouverte et libre, mais déterminée. D’un point de vue idéologique, le SS-Untersturmführer Rohde est parfaitement stable ; il est un national-socialiste convaincu, qui sait présenter son opinion de manière convaincante. Rohde n’a pas encore servi au combat, mais a combattu le typhus et une épidémie de typhus à Auschwitz. Rohde effectue très bien et de manière consciencieuse son poste actuel à hautes responsabilités. Le SS-Untersturmführer est tout à fait recommandé pour une promotion au grade supérieur. Peine : aucune

Der Lagerkommandant

[Hartjenstein]

SS-Sturmbannführer » [40].

Grâce à ce soutien du commandant Hartjenstein, le Dr Rohde est promu au grade de SS-Obersturmführer à compter du 1er septembre 1944[41]. De plus, dans une déposition d’après-guerre, le commandant Hartjenstein explique qu’on lui a rapporté la présence d’un officier anglais et d’un officier américain au camp. Ceux-ci étaient blessés et Hartjenstein a donné l’ordre à Rohde de « prendre soin d’eux » (take care of them), à la suite de quoi ils ont été transférés sur ordre à Dachau[42] . Rohde est également présent aux exécutions officielles qui ont lieu au camp[43]. Dans un rapport sur les conditions sanitaires du KL-Natzweiler établi à l’été 1944, le Dr Rohde évoque sans ambages la surpopulation dans le camp. Il mentionne brièvement l’historique du service médical du camp depuis sa création en 1941, ainsi que tous ses aménagements successifs. Ses prédécesseurs – notamment le Dr Plaza – ont constamment agrandi les infirmeries, occupant toujours plus de baraquements au sein du camp de détention. À partir du mois de juin 1944, l’infirmerie occupe désormais sept Blocks, au détriment des Blocks-dortoirs, ce qui a pour principal corolaire la surpopulation au sein des baraquements. Le jour où il écrit le rapport, il précise que 1.219 patients sont admis à l’infirmerie. Le personnel médical, composé de soignants, secrétaires, laborantins, équipe de désinfection et un histologiste, compte au total quarante-quatre hommes, dont deux médecins-déportés. À ce moment-là, l’ensemble du camp de concentration de Natzweiler comptait 13.338 déportés, dont 4.137 au camp-principal (effectifs de l’infirmerie inclus), le reste étant ventilé dans les seize camps extérieurs. Ainsi, sur les 4.137 déportés du camp-souche, un tiers était admis à l’infirmerie. Rohde écrit : « les baraquements dortoirs sont toutes fortement surpeuplées » et indique l’effectif normal d’accueil et l’effectif actuel de chacun des baraquements, qui comptent chacun près de deux fois plus de déportés[44].


Tableau 2 : La répartition des déportés du camp-souche dans les baraquements-dortoirs[45].

Durant sa présence à Natzweiler, le Dr Rohde côtoie également le Professeur Eugen Haagen, qui réalisait des expériences sur certains détenus du camps. Raphaël Toledano cite notamment l’épisode où Haagen souhaitait récupérer les courbes de températures relevées sur les cobayes humains du KL-Natzweiler. Ces dossiers étaient tenus par les médecins-déportés dans les infirmeries et Rohde aurait fait savoir à Haagen que le déporté en charge de ces courbes, le Dr. Gerrit Krediet (NN, matricule 5591), les avait emmenées avec lui à l’occasion de l’évacuation du KL-Natzweiler vers le KL-Dachau en septembre 1944. Haagen prend ainsi contact avec le médecin du camp de Dachau, qui lui répond que selon le déporté Krediet, « les courbes originales se trouvent toujours au camp de concentration de Natzweiler, Block 8 (chambre des diphtériques) ». Manifestement agacé, Haagen réécrit au Dr Rohde et envoie également une copie au commandant Hartjenstein : « [le médecin de Dachau] m’a informé que les courbes de températures sont toujours en votre possession. Puisque ces courbes de températures ont été préparées spécialement pour moi, et étant donné que j’en ai besoin pour faire mon rapport au Reichsführer-SS et au Ministère de l’Intérieur du Reich, je vous demande encore une fois que vous m’envoyiez ces courbes immédiatement »[46] . De même, depuis le printemps 1944, au moment où l’épidémie de typhus s’était développée au camp, le Professeur Haagen fait prélever du sang des convalescents[47] . Le commandant Hartjenstein précise dans une déposition qu’au cours du mois de juillet, des déportés typhiques ont été ramenés au camp-principal. Plaza et Rohde constatent le diagnostic et les malades sont mis à l’isolement dans une baraque entourée d’une clôture barbelée. Hartjenstein en informe Haagen. Celui-ci lui aurait répondu avoir des vaccins et qu’il viendrait vacciner les malades. Hartjenstein croit se rappeler qu’il leur a administré le vaccin par trois piqûres, et qu’aucun décès n’a été compté parmi les vaccinés[48].


Après-guerre

Après la guerre, Rohde comparaît devant un tribunal militaire britannique à Wuppertal, où sont jugés les responsables du quadruple assassinat des agents féminins du SOE, tuées au KL-Natzweiler d’injection de phénol pur dans les veines dans la nuit du 6 au 7 juillet 1944. Parachutées en France occupée, ces quatre femmes avaient été capturées dans leurs missions respectives, puis placées en détention à la prison de Fresnes, avant d’être transférées à la prison de Karlsruhe en mai 1944. Le 6 juillet 1944, sur ordre de la Gestapo, elles sont acheminées au KL-Natzweiler pour exécution ; arrivées dans l’après-midi, elles sont immédiatement placées à l’isolement au bloc cellulaire. Vers 18 heures, le SS en charge du crématoire et de la Block-prison, Peter Straub, ordonne au kapo du crématoire, Franz Berg, de préparer le four pour 21h30[49]. Les femmes sont ensuite conduites une à une au bâtiment crématoire où, sous prétexte d’un vaccin anti-typhique, elles ont été assassinées d’une injection de phénol pur dans les veines. C’est l’infirmier SS Emil Bruttel qui est missionné de chercher la seringue au Revier sur demande du Dr Heinrich Plaza[50] . En compagnie de plusieurs SS, c’est le Dr Rohde qui pratique la première injection, avant de passer le relais à son confrère, le Dr Plaza[51] . Voir aussi [52]

Adhésions aux groupements du parti nazi[14]. SA: 1923 (Marburg) NSDAP: 01/04/1933 : n°1.663.050 (première adhésion en 1923-1924) NSD-Ärztebund: 18/04/1933 : n°3816 SS : 1936: n° 283.486

Évolutions en grade[14].

SA SA-Rottenführer Septembre 1933 SA-Oberscharführer Janvier 1934 SS SS-Bewerber 1936 SS-Mann 1937 SS-Unterscharführer 30 mai 1939 SS-Hauptscharführer 2 mai 1941 SS-Untersturmführer 9 novembre 1942 SS-Obersturmführer 1er septembre 1944

Repères

Localisations

Nationalités

  • Allemand

Confessions

  • Protestant[3] (11 avril 1904 - 24 avril 1937)
  • Gottgläubig[3] (24 avril 1937 - )

Publications

Relations

Collègue de

Liens à institutions

Marburg / Hesse

1904-04-11T00:00:00Z
Vie privée
Naissance
1946-10-11T00:00:00Z
Vie privée
Décès
1929-12-05T00:00:00Z
Vie privée
Autorisation d'exercer la médecine
1930-03-21T00:00:00Z
Vie privée
Thèse
1904-04-11T00:00:00Z
1937-04-24T00:00:00Z
Vie privée
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Références

À propos de cette page

Rédaction : ©Loic.lutz



  1. BAB, BDC Werner Rohde, SS-Ahnentafel, 1936
  2. BAB, BDC Werner Rohde, Feldurteil, 11 décembre 1942
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 BAB, BDC Werner Rohde, Lebenslauf
  4. Vincent, Marie-Bénédicte. Histoire de la société allemande au XXe siècle. Le premier XXe siècle (1900-1949), tome 1, Paris, La Découverte, 2011, p. 26
  5. BAB, BDC Werner Rohde, Lebenslauf : « Meine erste militärische Ausbildung erhielt ich als Sturmabteilungsmann in Marburg 1923 durch die Reichswehr »
  6. BAB, BDC Werner Rohde, Führerpersonalakt
  7. BAB, BDC Werner Rohde, Approbation als Zahnarzt, 15 janvier 1930 : « Nachdem der Kandidat der Zahnheilkunde Julius Alfred Werner Rohde [...] am 5. Dezember 1929 die zahnärztliche Prüfung mit dem Urteil „sehr gut“ bestanden hat, wird ihm hierdurch die Approbation als Zahnarzt [...] erteilt ». Dans d'autres documents, l’approbation d’exercer la médecine dentaire est tantôt appelée Staatsexamen, Approbation ou zahnärztliche Prüfung. Notons qu’il réussit un autre Staatsexamen médecine générale en 1942
  8. BAB, BDC Werner Rohde, Urkunde. Dans son Lebenslauf, la souetnance de sa thèse de doctorat est assimilée au Staatsexamen. Voir également la page de garde de sa thèse de doctorat d’odontologie dans New York Academy of Medicine, Collection of International Medical Theses, Box 18:24:2, Marburg, Germany
  9. BAB, BDC Werner Rohde, SS-Führerpersonalakt
  10. 10,0 10,1 et 10,2 BAB, BDC Werner Rohde, Lebenslauf Käthe Rohde
  11. Falter, Jürgen. Die „Märzgefallenen” von 1933. Neue Forschungsergebnisse zum sozialen Wandel innerhalb der NSDAP-Mitgliedschaft während der Machtergreifungsphase, in Historical Social Research Supplement, n°25, 2013, p. 280-302
  12. Weigel, Björn. „Märzgefallenen” und Aufnahmestopp im Frühjahr 1933. Eine Studie über den Opportunismus, in Wolfgang Benz (Hg.), Wie wurde man Parteigenosse? Die NSDAP und ihre Mitglieder, Francfort-sur-le-Main, Fischer, 2009, p. 91-109
  13. 13,0 13,1 et 13,2 Klee, Ernst. Das Personenlexikon zum Dritten Reich: wer war was vor und nach 1945. Frankfurt am Main : Fischer, 2015. , S 505.
  14. 14,0 14,1 14,2 14,3 et 14,4 BAB, BDC Werner Rohde
  15. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du RuSHA au SS-Bewerber Dr. Werner Rohde, 13 juillet 1937 : « Gegen die von Ihnen geschlossene Ehe mit Fräulein Katherine Braun bestehen seitens des Sippenamtes im R.u.S.-Hauptamt-SS keine Bedenken. Die Genehmigung des Reichsführers-SS wird Ihnen nachträglich gesondert zugehen. Der Chef des Sippenamtes. i.A. gez. Schulze, SS-Standartenführer »
  16. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du RuSHA au SS-Hauptamt, 30 juillet 1937
  17. Leleu, Jean-Luc. La Waffen-SS. Soldats politiques en guerre, tome 2, Paris : Perrin, 2014, p. 51 sq et 744 sq
  18. Ingrao, Christian. Croire et détruire. Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Paris : Fayard, 2011, p. 33
  19. BAB, BDC Werner Rohde, Feldurteil, décembre 1942 : « Seine Praxis als Zahnarzt hat er bis 1938 ausgeügt. Er gab dann diesen Beruf auf und studierte Vollmedizin. Im Juni 1942 legte er das medizinische Staatsexamen ab und promovierte zum Dr. med. »
  20. BAB, BDC Werner Rohde, Nomination au grade de SS-Unterscharführer, 30 mai 1939
  21. BAB, BDC Werner Rohde, Beförderungsvorschlag, 8 juillet 1939
  22. BAB, BDC Werner Rohde, Beförderungsvorschlag zum SS-Untersturmführer, 8 juillet 1939
  23. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du SS-Führungshauptamt, (SS-Sanitätsamt) au SS-Lazarett Berlin au sujet du détachement de Rohde, 13 août 1942: « Der SS-Hauptscharführer d. R. (RFA) Werner Rohde, geb. 11.06.1904, SS-Lazarett Berlin, wird für die Zeit vom 15.8.42 bis einschl. 2.9.42 als Urlaubsvertretung für SS-Ustuf d.R. Lorenz zum SS-Inf.-E.-Btl. "Der Führer" kommandiert. Meldung am 15.8.42 beim Kommandeur des SS-Inf.E.-Btl. "D.F." in Stralsund »
  24. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du SS-Führungshauptamt, (SS-Sanitätsamt) au SS-Lazarett Berlin au sujet du détachement de Werner Rohde, 31 août 1942 : « Der SS-Hauptscharführer d. R. (RFA) Werner Rohde, geb. 11.06.1904, SS-Lazarett Berlin, wird für die Zeit vom 3.9.42 bis 20.9.42 zur ärztlichen Versorgung der Teilnehmer des 8. Kriegslehrganges der SS-Junkerschule Braunschweig auf dem Tr.-Ü.-Pl. Bergen zur SS-Junkerschule Braunschweig kommandiert. Inmarschsetzung nach Bergen hat am 2.9.42 von Stralsund zu erfolgen »
  25. BAB, BDC Werner Rohde, Beförderung in der Waffen-SS, 12 septembre : « Die Eignung zum vorgeschlagenen Dienstgrad ist nachgewiesen durch: fachliche Eignung und derzeitige Dienststellung »
  26. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre de nomination adressée à Rohde, 23 décembre 1942: « ich ernenne Sie mit Wirkung vom 9. November 1942 als Reserveführer der Waffen-SS zum SS-Untersturmführer »
  27. Voir la photographie du bâtiment via https:/ostsachsenprojekt.blogspot.com/2014/01/ss-genutztes-gebaude-dresden_1397.html, [en ligne], consulté le 23 avril 2020
  28. 28,0 et 28,1 BAB, BDC Werner Rohde, Feldurteil, décembre 1942
  29. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du SS-Richter au SS-Personalhauptamt, 28 novembre 1942
  30. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du Chef des Hauptamtes SS-Gericht au Dr. Rohde: « Auf Befehl des Reichsführer-SS bestrafe ich Sie mit 3 Wochen verschärftem Stubenarrest. Gründe: Der Reichsführer hat mit Verfügung vom 3.2.1943 das im Feldurteil des SS- und Polizeigericht […] gegen Sie ergangene freisprechende Urteil bestätigt. Wegen der im Verlauf der Vorgänge in der Nacht zum 10.11.1942 von Ihnen gegenüber dem Polizeibeamten gemachten Äußerung ("Machen Sie sich nicht unglücklich, wir sind von der SS"), die als Nötigung anzusehen ist, hat der Reichsführer-SS die Ahndung im Disziplinarwege angeordnet »
  31. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du SS-Führungshauptamt, (Sanitätamt) au SS-Lazarett Berlin au sujet du détachement de Rohde, 14 décembre 1942: « Unter Abänderung der Kommandierung vom 26.11.1942 wird die Kommandierung des SS-Untersturmführers d. R. Werner Rohde, zum SS-Hauptamt – Leitender Arzt – mit Wirkung vom 14.12.1942 aufgehoben. Der SS-Untersturmführer d. R. Werner Rohde, geb. 11.6.1904, SS-Lazarett Berlin, wird mit Wirkung vom 1.1.1943 zum 1. Inf. E. Batl. Warschau versetzt »
  32. Charlesworth, Lorie. 2 SAS Regiment, War Crimes Investigations and Britisch Intelligence. Intelligence Officials and the Natzweiler Trial. in Journal of Intelligence History, 6:2, 2006, p. 39
  33. Sigmann, Jean. L'Allemand moyen devant le nazisme. Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale 11 (1961) : 75-76. , p. 93-140.
  34. 34,0 et 34,1 Steegmann, Robert. Struthof. Le KL-Natzweiler et ses kommandos. Une nébuleuse concentrationnaire des deux côtés du Rhin, 1941-1945. Strasbourg : La nuée bleue, 2005. , p 376.
  35. Kompisch, Kathrin. Täterinnen. Frauen im Nationalsozialismus, Cologne: Böhlau, 2008, p. 212
  36. Staatsarchiv München, Staatsanwaltschaften 46415/1, Kommandanturbefehl Nr. 5/44, 4 juillet 1944, Bl. 80. Sa mutation intervient à la suite de l’ordonnance du SS-WVHA Amtsgruppe D III (Az. 21/6.44/Dr.Lg/R.- du 23/06/1944) par laquelle les docteurs Plaza et Rohde échangent leur postes respectifs à Natzweiler et Auschwitz. Rohde est muté à Natzweiler en qualité de « 1. Lagerarzt ». Dans le même temps, le Dr Kurt aus dem Bruch est muté de Mauthausen comme dentiste au camp
  37. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949. , p. 83.
  38. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949. , p. 85.
  39. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949. , p. 85-86.
  40. BAB, BDC Werner Rohde, Beurteilung, 14 août 1944
  41. BAB, BDC Werner Rohde, Lettre du SS-WVHA Amtsgruppe D au Dr Rohde, 1er septembre 1944
  42. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949. , p. 84.
  43. NARA, RG153, Natzweiler. Il est par exemple présent lors des exécutions des 7, 10, 14, 15, 17, 24, 26 et 27 juillet 1944
  44. ITS Bad Arolsen, 562 Natzweiler 29, Rapport du Dr Rohde, été 1944, Bl. 36
  45. ITS Bad Arolsen, 562 Natzweiler 29, Rapport du Dr Rohde, été 1944, Bl. 36. Ces chiffres ne concernent que les six baraquements-dortoirs. Les sept autres baraquements d’infirmerie ne sont pas comptés
  46. Toledano, Raphaël. Les expériences médicales du professeur Eugen Haagen de la Reichsuniversität Straβburg. Faits, contexte et procès d’un médecin national-socialiste. Diss. med.. Strasbourg, 2010. , p. 252.
  47. Toledano, Raphaël. Les expériences médicales du professeur Eugen Haagen de la Reichsuniversität Straβburg. Faits, contexte et procès d’un médecin national-socialiste. Diss. med.. Strasbourg, 2010. , p. 276.
  48. Déposition de Friedrich Hartjenstein, 9 décembre 1947,DCJAMB, TFPA Lyon, « Struthof Médical », 14 mai 1945, 202/2, Information 257
  49. Pommois, Lise. Le tragique destin de quatre agents féminins en France occupée. in Le camp de concentration du Struthof. Konzentrationslager Natzweiler. Témoignage, vol. 3, Schirmeck : L’Essor, 1998, p. 156-162
  50. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949. , p. 91-94.
  51. Steegmann, Robert. Struthof. Le KL-Natzweiler et ses kommandos. Une nébuleuse concentrationnaire des deux côtés du Rhin, 1941-1945. Strasbourg : La nuée bleue, 2005. , p 190.
  52. Webb, Anthony M.edTrial of Wolfgang Zeuss, Magnus Wochner, Emil Meier, Peter Straub, Fritz Hartjenstein, Franz Berg, Werner Rohde, Emil Bruttel, Kurt aus dem Bruch and Harberg. The Natzweiler trial. London : Hodge, 1949.