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Ernestine Schalck

From Commission Historique


Ernestine Schalck
First name Ernestine
Last name Schalck
Gender feminin
Birth 17 September 1916 (Soufflenheim (Bas-Rhin))
Death 19 June 2002 (Strasbourg (Bas-Rhin))
Father's occupation Médecin généraliste (praktischer Arzt)

Profession Dentiste, Chirurgien-dentiste

Identities Hugel Ernestine
Spécialités Odontologie, Zahnheilkunde


Ernestine Schalck (1916-2002) est une chirurgienne-dentiste alsacienne qui a exercé à l’institut dentaire de la Reichsuniversität Straβburg en Alsace annexée.

Fille d’un médecin généraliste alsacien diplômé de la Kaiser-Wilhelms-Universität de Strasbourg, elle est issue d’une famille de médecins installée dans le nord de l’Alsace. En 1935, Ernestine s’inscrit à l’université française de Strasbourg et débute sa formation médicale. Avec le début des hostilités en septembre 1939, elle est contrainte de poursuivre son cursus à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, où l’université strasbourgeoise s’était réfugiée. Comptant parmi les vingt-sept étudiants en odontologie effectivement présents à cette période, elle termine ses études le 14 juin 1940 en réussissant le diplôme d’État de chirurgien-dentiste.

À la suite de l’armistice signé le 22 juin 1940, Ernestine Schalck retourne dans sa terre natale, désormais redevenue allemande et annexée au territoire du IIIe Reich. Elle débute alors sa carrière médicale en obtenant un poste de Volontärassistentin au cabinet dentaire du Dr. Luktemeyer à Soultz-Sous-Forêts dans le nord de l’Alsace (septembre-octobre 1940), avant de traverser le Rhin et de travailler comme Assistentin au cabinet des Drs. Riedel (novembre 1940-mai 1941) et Müller (juin-octobre 1941) à Rastatt.

De retour en Alsace en novembre 1941, elle postule un emploi à l’institut dentaire de la Reichsuniversität Straβburg. Pendant plus de deux ans et demi, de janvier 1942 à novembre 1944, elle travaille aux côtés du professeur Joachim von Reckow (1898-1976), le directeur de l’institut.

Après la guerre, Ernestine Schalck fonde une famille, se marie avec un expert-comptable et reprend probablement sa carrière de dentiste en Alsace. Elle décède le 16 juin 2002 à Strasbourg.

Biography

Devenir dentiste

Fille d’un médecin alsacien engagé dans la vie politique locale, Ernestine Schalck grandit dans le nord de l’Alsace. Entre 1935 et 1940, elle fait ses études à l’université de Strasbourg, obtenant son diplôme d’État de chirurgien-dentiste à Clermont-Ferrand en juin 1940. Rentrant en Alsace après l’armistice de Compiègne, elle travaille comme médecin-assistante dans un cabinet dentaire pendant près d’un an, d’abord en Alsace, puis de l’autre côté du Rhin, à Rastatt.

La famille Schalck

Ernestine Marie Lucie Schalck est née le 17 septembre 1916 à Soufflenheim, une ville située dans le nord de l’Alsace, à l’est de la ville d’Haguenau[1]. À cette époque, l’Alsace était encore rattachée au territoire du Reich wilhelmien en application du traité de Francfort de 1871 qui avait mis fin à la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Son père, Ernst Schalck, né le 7 janvier 1884 à Eschau en Alsace, est un médecin généraliste (praktischer Arzt) qui a participé à la Première Guerre mondiale « du côté allemand » comme médecin-lieutenant (Oberarzt)[2]. En 1910, il avait soutenu une thèse à la Kaiser-Wilhelms-Universität de Strasbourg intitulée « Die Ätiologie der Mastitis und ihre Beziehung zur Bakterienflora des kindlichen Mundes und der mütterlichen Scheide »[3]. Le 9 avril 1912, à l’âge de vingt-huit ans, Ernst Schalck avait épousé à Soufflenheim Mathilde Schlechter, née le 17 avril 1889 à Soufflenheim[4]. Elle est la fille d’un médecin-capitaine (Stabsarzt) de la Landwehr d’origine allemande qui avait participé à la guerre franco-prussienne, lui aussi « du côté allemand »[2].

En plus d’être médecin, le père d’Ernestine Schalck est aussi investi dans la vie politique de sa région. En 1930, le docteur Schalck est élu au conseil général dans le canton de Wissembourg. Candidat national indépendant, il gagne l’élection avec 1242 voix contre 1230 pour le candidat des partis antinationaux. Un article publié dans le journal Le Temps précise :

« cette élection constitue une nouvelle manifestation du lent mais incessant revirement des esprits dans la population rurale. Le docteur Schalck remplace M. Herber, conseiller général [… qui] fut parmi les signataires du manifeste autonomiste [… et qui] passa alors au camp autonomiste […]. Le succès du docteur Schalck est d’autant plus remarquable que sa candidature n’avait été posée que la veille du scrutin »[5].

Ernst Schalck est en réalité le candidat de l’Action populaire nationale d’Alsace (APNA), un parti politique alsacien fondé en 1928 par des membres démissionnaires de l’Union populaire républicaine, n’adhérant plus à la ligne autonomiste du parti. De droite, l’APNA est un parti catholique et anticommuniste, mais favorable à la République française. Enfin, outre sa fonction de conseiller régional, le docteur Schalck occupe également une position de maire jusqu’en 1937[6].

Enfance, scolarité et études de médecine

Née dans une famille alsacienne de confession catholique romaine, Ernestine Schalck grandit au cœur d’une Alsace redevenue française à la fin de la Première Guerre mondiale. Restant en Alsace avec ses parents après la guerre, elle obtient la nationalité française « par réintégration ». Pendant l’entre-deux-guerres, elle vit au domicile familial situé à Wissembourg et fréquente le lycée de la ville. Le 8 juin 1935, à l’âge de dix-huit ans, elle réussit l’examen du baccalauréat « A prime philosophie » et se destine aussitôt à des études médicales[7].

Dès le mois de novembre 1935, elle s’inscrit à l’université française de Strasbourg et débute son cursus universitaire. Le 14 juin 1940, elle devient dentiste en obtenant son « diplôme d’État de chirurgien-dentiste à l’université de Strasbourg »[8], ce qui signifie qu’elle a poursuivi son cursus à Clermont-Ferrand lors de l’évacuation de l’Alsace. En effet, avec le début des hostilités en septembre 1939, l’université et l’hôpital civil français de Strasbourg sont évacués, l’une vers Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, et l’autre vers Clairvivre près de Périgueux en Dordogne.

Dans l’ouvrage collectif dirigé par Jacques Héran, le Dr. Francis Rohmer précise que le nombre d’étudiants officiellement immatriculés ou inscrits à Clermont-Ferrand durant l’année universitaire 1939-1940 s’élevait à 529. Toutefois, il convient d’ajouter que nombre de ceux qui étaient effectivement présents et qui suivaient les cours était bien moindre en raison de la mobilisation d’un certain nombre de jeunes hommes (88 en médecine et 27 en chirurgie dentaire)[9].

Le début de la carrière médicale des deux côtés du Rhin : de Soultz-Sous-Forêts à Rastatt

À la suite de l’armistice de Compiègne du 22 juin 1940 mettant fin aux hostilités entre la France et l’Allemagne, Ernestine Schalck décide de retourner dans sa terre natale pour rejoindre ses parents et débuter sa carrière médicale. Dès la fin de l’été 1940, elle parvient à trouver un poste de Volontärassistentin au sein d’un cabinet dentaire situé à Soultz-Sous-Forêts dans le nord de l’Alsace, à une époque où l’Alsace était redevenue allemande et avait été annexée au territoire du IIIe Reich. Pendant deux mois, du 1er septembre au 31 octobre 1940, elle sert aux côtés du Dr. Ernst Lütkemeyer[7], un dentiste né en Moselle à Thionville (Diedenhofen) le 2 mars 1895[10].

Ernestine Schalck traverse ensuite le Rhin et obtient un poste d’Assistentin dans le cabinet d’odontologie du Dr. Riedel à Rastatt, où elle travaille pendant environ six mois, du 25 novembre 1940 au 31 mai 1941. Enfin, du 1er juin au 31 octobre 1941, elle entre au service du Dr. Müller à Rastatt en qualité d’Assistentin. Après avoir acquis une expérience d’un peu plus d’un an au sein de plusieurs cabinets dentaires, Ernestine Schalck retourne en Alsace et s’installe chez ses parents à Wissembourg dans l’attente de retrouver un nouvel emploi de chirurgien-dentiste[7].

La carrière médicale à la Reichsuniversität Straβburg

De retour en Alsace à la fin de l’année 1941, Ernestine Schalck obtient rapidement un poste de Volontärassistentin à l’institut dentaire de la Reichsuniversität Straβburg dirigé par le professeur Joachim von Reckow (1898-1976). De janvier 1942 à novembre 1944, elle fait partie de l’équipe restreinte de dentistes entourant le professeur Reckow à Strasbourg, gagnant la confiance de ses supérieurs et de ses collègues.

Le recrutement comme dentiste à l’institut d’odontologie

Dès le mois de novembre 1941, alors qu’elle vient de rentrer au domicile familial à Wissembourg, Ernestine Schalck se rapproche des services de la nouvelle université du Reich sur le point d’être inaugurée de manière officielle. Elle souhaite en effet obtenir un poste de dentiste au sein du tout nouvel institut de chirurgie dentaire de la Reichsuniversität Straβburg, dont la direction venait d’être attribuée au professeur Joachim von Reckow (1898-1976), venu de l’université de Marburg – via Heidelberg (1940-1941) –, où il avait fait ses études et où il était devenu Privatdozent (1931) et außerordentlicher Professor (1938) et außerplanmäßiger Professor (1940)[11]. En fait, quand elle se présente à l’université, elle se voit remettre les différents formulaires nécessaires en vue de la constitution d’un dossier de recrutement[12]. Le 8 novembre 1941, elle remplit un formulaire dans lequel elle renseigne son ascendance germanique (Fragebogen über die Abstammung)[13] et un autre qui précise sa situation personnelle, familiale, scolaire et politique (Personalfragebogen)[14]. Le 11, elle se soumet à la visite médicale obligatoire, permettant de vérifier son aptitude, physique et médicale, à occuper un poste à l’institut, ce que confirme le médecin qui l’examine[15]. Finalement, le 27 novembre, elle remplit un dernier formulaire destiné à calculer sa future rémunération, en prenant en compte les différents postes et l’ancienneté acquise par Schalck auparavant[7].

Après avoir rassemblé l’ensemble de ces pièces du dossier, le professeur Joachim von Reckow officialise la procédure de recrutement : le 12 décembre 1941, il sollicite les autorités de l’université pour qu’Ernestine Schalck soit employée du 1er janvier 1942 pour une « durée indéterminée » (bis auf weiteres) à l’institut. Le jour même, le doyen de la faculté de médecine, le professeur Johannes Stein, donne son approbation et transmet le dossier aux instances supérieures, à savoir le Dozentenschaftsleiter, le Rektor et le Kurator. Ainsi, quelques semaines plus tard, le 3 janvier 1942, l’administrateur-en-chef de la Reichsuniversität Straβburg, le Kurator Richard Scherberger écrit à Ernestine Schalck pour l’informer que son recrutement à l’institut dentaire comme Volontärassistentin avait été officialisé pour la durée d’un trimestre. Il lui précise également que sa rémunération allait s’élever très exactement à 120 Reichsmarks mensuels[16]. Ainsi, Ernestine Schalck prend officiellement ses fonctions à partir du vendredi 2 janvier 1942[17]. Sa trajectoire atteste ainsi que pendant la période préparatoire à l’installation de la Reichsuniversität Straβburg, Ernestine Schalck complète sa formation auprès de dentistes acquis au pouvoir national-socialiste établis soit en Alsace, soit au pays de Bade. Dès l’ouverture de la faculté de médecine nazie de Strasbourg, elle entreprend des démarches afin d’y être engagée.

L’évaluation politique

Si Ernestine Schalck est officiellement employée à la Reichsuniversität Straβburg au début du mois de janvier 1942, il faut remarquer que son dossier est encore en cours d’instruction au mois de mars 1942 au niveau des différentes instances de l’université. En effet, il manquait à son dossier un élément fondamental dans la procédure de recrutement des Alsaciens, à savoir un certificat établissant son aptitude politique et idéologique pour exercer dans cette institution nationale-socialiste. Ainsi, le 17 mars 1942, le doyen Stein sollicite les services de la Gauleitung pour effectuer une évaluation politique d’Ernestine Schalck avant de l’employer dans sa faculté. Consulté en parallèle, le Dozent Bender, du NS-Dozentenbund, transmet également un premier rapport, qui ôte « toute objection sur le plan de son caractère et de ses engagements politiques » à son recrutement[18]. Comme à l’accoutumée, les employés du service du personnel de la Gauleitung chargent quelques jours plus tard (le 26 mars) leurs homologues de l’antenne locale du parti nazi à Strasbourg. Environ un mois plus tard, le 21 avril, les fonctionnaires de la Kreisleitung du NSDAP renvoient leurs conclusions. Signé par le Kreisleiter et le Kreispersonalamtsleiter, ce rapport précise les points suivants :

Tableau 1 : Politische Beurteilung[19]
Charakterliche Haltung Frankophile Einstellung Bekenntnis zum deutschen Volkstum Fachliche Eignung Beurteilung
Nichts Nachteiliges bekannt Nicht vorhanden. Ihre Einstellung zum Deutschtum und Nationalsozialismus scheint positiv; sie ist Mitglied der D.F.W. seit September 1940, konnte sich jedoch infolge starker beruflicher Inanspruchnahme nicht aktiv betätigen. Gegen ihre Verwendung als Ärztin beim zahnärztlichen Institut bestehen keine Bedenken.
Tableau 2 : Politische Beurteilung (traduction française)[20]
Caractère et attitude Convictions francophiles Adhésion à la germanité (Volkstum) Compétences professionnelles Évaluation
Aucun élément négatif n’a été rapporté Aucune. Son attitude à l’égard de la germanité et du national-socialisme semble positive ; elle est membre du DFW depuis septembre 1940, mais ne peut y servir activement car elle est très prise par son travail. Aucune réserve concernant son emploi comme médecin à l’institut d’odontologie.

L’évaluation politique réalisée par les services nazis est ainsi très positive, notamment parce qu’elle présente Ernestine Schalck comme un médecin très engagé dans son métier. De plus, d’un point de vue politique, il apparaît qu’elle ait fait quelques rapprochements avec le national-socialisme dès son retour en Alsace annexée, notamment via son adhésion à la Deutsche Frauenwerke (DFW), l’œuvre des femmes allemandes, une organisation féminine nazie. En conséquence, le 30 avril 1942, le bureau du personnel de la Gauleitung informe qu’il n’y a aucune objection à l’emploi d’Ernestine Schalck à l’institut dentaire[21].

Carrière à l’institut d’odontologie

Apparemment appréciée par ses supérieurs au premier rang desquels von Reckow et Stein, Ernestine Schalck se voit rapidement proposer un poste de « faisant fonction d’assistante scientifique » (Verwalterin einer Assistentenstelle). En effet, le 21 juillet 1942, alors qu’elle est présente à Strasbourg depuis seulement six mois, le professeur von Reckow initie une nouvelle procédure administrative, visant à accorder à Schalck une telle promotion « pour la durée de la guerre » (auf Kriegsdauer)[22]. Comme précédemment, le dossier est instruit par différentes personnes au sein de la chaîne décisionnelle de l’université à commencer par le doyen de la faculté de médecine, Johannes Stein qui, le 27 août 1942, donne son aval en ajoutant de manière manuscrite qu’il est « très favorable » (sehr befürwortet) à cette nomination[23]. Il transite ensuite par le bureau du Dozentenschaftsleiter Ernst Anrich qui, le 4 septembre, enlève tout « doute d’ordre caractériel et politique »[24]. Enfin, le 9 septembre, c’est le recteur de l’université, le professeur Schmidt qui valide le nouveau statut de Schalck avec effet rétroactif au 1er août 1942[25]. Elle poursuit ensuite sa carrière en obtenant le statut d’Assistenzärztin en décembre 1942, un statut qu’elle conserve jusqu’en novembre 1944[26].

Il convient d’ajouter que l’institut dentaire universitaire de Strasbourg est un établissement prestigieux à l’époque. En effet, le service dont hérite le professeur Reckow à son arrivée lors de l’inauguration de la Reichsuniversität Straβburg était un service d’avant-garde dans le monde médical et universitaire. Rappelons à ce propos que l’enseignement officiel de la médecine dentaire avait fait son entrée à la Kaiser-Wilhelms-Universität de Strasbourg lors du semestre d’hiver 1887-1888. C’était alors le Dozent Ernst Jessen (1859-1933), pionnier dans le domaine, qui en avait reçu la charge. Après avoir obtenu en 1893 la création d’une polyclinique dentaire universitaire, Jessen ouvre le 15 octobre 1902 la première clinique dentaire scolaire municipale au monde, et finit par inaugurer un véritable institut dentaire au sein de l’université deux ans plus tard[27]. La nomination de Reckow à la Reichsuniversität Straβburg est ainsi une consécration pour lui, mais également pour tous les dentistes qui y ont obtenu un poste au cours de leur carrière. De plus, au moment de sa réouverture par les Allemands en novembre 1941, le service dirigé par le professeur Reckow portait encore le nom de « polyclinique pour maladies dentaires » (Poliklinik für Zahnkrankheiten), avant de celui d’« institut odontologique » (zahnärztliches Institut) en mars 1942 et d’être rattaché aux cliniques universitaires (Universitätskliniken) de la faculté de médecine[28].

Au départ, le professeur von Reckow ne dispose à ses côtés que de deux médecins-assistants, le Dr. Josef Kieffer (Assistenzarzt) et le Dr. Georg Lortz (Verwalter einer wissenschaftlichen Assistentenstelle), ce dernier ne restant en poste que jusqu’en décembre 1941. Alors que le Dr. Kieffer, ayant déjà dépassé l’âge de soixante-cinq ans, est nommé assistant scientifique, le service voit l’arrivée, au début du mois de janvier 1942, de deux Alsaciens venus d’outre-Rhin, à savoir Ernestine Schalck et le Dr. Charles (Karl) Dreyer. Dreyer occupe tout d’abord un poste de faisant fonction d’assistant scientifique jusqu’en août 1942, avant d’être promu assistant scientifique jusqu’en novembre 1944. Durant toute la présence d’Ernestine à Strasbourg, l’institut dentaire du professeur von Reckow n’est composé que d’une équipe médicale restreinte, passant de quatre médecins (janvier-août 1942), à cinq (septembre 1942-octobre 1943), puis à six (novembre 1943), à sept (décembre 1943-août 1944) et à nouveau à six (septembre-novembre 1944)[29]. Les confrères et consœurs d’Ernestine Schalck à cette période sont :

Tableau 4 : Liste des médecins de l’institut d’odontologie (1941-1944)[30]
Titre Nom, Prénom Fonction Remarques
Prof. Dr. med. dent. Reckow, von, Friedrich (1898-1976) Direktor 11/1941-11/1944
Dr. med. dent. Lortz, Georg Verw. wiss. Assistentenstelle 11/1941-12/1941
Dr. med. Kieffer, Joseph (1875-?) Assistenzarzt 11/1941-11/1944
Dr. med. dent. Dreyer, Charles (1918-1995) Verw. wiss. Assistentenstelle
Assistenzarzt
01/1942-08/1942
09/1942-11/1944
Schalck, Ernestine (1916-2002) Volontärassistentin
Verw. wiss. Assistentenstelle
Assistenzärztin
01/1942-08/1942
08/1942-11/1942
12/1942-11/1944
Dr. med. dent. Schlatter, Marie Assistenzärztin 09/1942-11/1944
Bendler-Kunz, Waltraud Pflichtassistentin 11/1943-11/1944
Dr. med. dent. Bernhard-Dertinger, Carola Assistenzärztin 12/1943-08/1944
Dr. med. dent. Frey, Hans (?-1942) Assistenzarzt 1942 (Wehrmacht)

On remarquera qu’Ernestine Schalck travaille à l’institut dentaire avec l’un de ses anciens camarades de la faculté de médecine de Strasbourg : l’Alsacien Charles Dreyer, né à Wissembourg le 24 novembre 1918. Comme elle, il avait fait ses études à Strasbourg entre 1935 et 1940 et avait obtenu son diplôme d’État de chirurgien-dentiste le 14 juin 1940 à l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Lui aussi avait été travaillé comme dentiste à Rastatt entre novembre 1940 et décembre 1941, travaillant tantôt comme assistant (Assistent), tantôt comme remplaçant (Vertreter) du Dr. Göbel. En parallèle, il avait préparé une thèse de doctorat d’odontologie qu’il a soutenu le 1er août 1941[31]. Ajoutons à ce sujet qu’Ernestine n’a jamais, au cours de sa carrière à la Reichsuniversität Straβburg, reçu le titre de docteur en odontologie, quand bien même elle le convoitait[32]. Dans les registres, elle est uniquement présentée comme une « Mademoiselle » (Fräulein) ou une « dentiste » (Zahnärztin)[33]. En tous les cas, Ernestine Schalck reste à Strasbourg jusqu’à la fin de la guerre, quittant le domicile familial de Wissembourg pour s’installer dans un appartement au Sternwartstraße 20 (rue de l’Observatoire) au centre-ville de Strasbourg[21].

Vie privée et après-guerre

S’il ne fait aucun doute qu’Ernestine Schalck soit restée en Alsace aux lendemains de la guerre, un manque de sources empêche de reconstituer son parcours et sa carrière après 1945. On sait cependant que le 20 octobre 1945, elle épouse à Strasbourg Edmond Hugel, un Alsacien né le 30 janvier 1914 à Strasbourg qui a travaillé comme expert-comptable. Le couple vit au 3, rue Adam Strobel dans le quartier de la Meinau et donne naissance à un enfant[34].

Ernestine Schalck décède le 19 juin 2002 à Strasbourg à l’âge de quatre-vingt-cinq ans[35]. Son mari était décédé à Strasbourg près de dix ans auparavant, le 29 juillet 1993[36].


Sources et bibliographie

Archives

ABDR, 1558 W 821, dossier n°86632 (Ernestine Schalck).

ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Edmond Hugel).

ADBR, 1558 W 152, dossier n°11420 (Charles Dreyer).

ADBR, 1095 W 9, dossier n°1241 (Ernst Lütkemeyer).

ADBR, 1095 W 40/1, dossier n°5800 (Wissembourg).

ADBR, 4E472/18, État civil de Soufflenheim, Acte de mariage d’E. Schalck et M. Schlechter, Acte n°28/1912.

ADBR, 4E900/43, État civil de Soufflenheim, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance d’E. Schalck, Acte n°27/1916.

ADBR, 126 AL 37, dossier n°4, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1943).

AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944).

Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck BNUS, Référence de la thèse de doctorat d’Ernest Schalck. Voir https://biblio.bnu.fr/opac/resource/die-atiologie-der-mastitis-und-ihre-beziehung-zur-bakterienflora-des-kindlichen-mundes-und-der-mutte/BUS1488901, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.

Le Temps, 18 novembre 1930, p. 3. Disponible via https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k248107h/f3, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.

Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1942, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1942, p. 34.

Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1943, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38.

Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1943-1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38.

Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 39.

Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1944-1945, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 44.

Avis de décès d’Ernestine Schalck, via https://avis-deces.linternaute.com/nom/famille-schalck?page=2, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.

Fiche Généafrance d’Ernestine Schalck, via https://geneafrance.com/france/deces/?deces=24541163, [en ligne], consulté le 7 mai 2021

Fiche Généafrance d’Edmond Hugel, via https://geneafrance.com/france/deces/?deces=15926445, [en ligne], consulté le 7 mai 2021

Bibliographie

Michael Grüttner, Biographisches Lexikon zur nationalsozialistischen Wissenschaftspolitik, Heidelberg, 2004.

François Himly, Chronologie de la basse Alsace, Ier-XXe siècle, Strasbourg, Archives du Bas-Rhin, 1972, p. 336.

Bernard Kaess, « L’odontologie entre à l’université », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 460.

Ernst Klee, Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, Francfort-sur-le-Main, Fischer-Taschenbuch-Verlag.

Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg. 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019.

« Reckow, Joachim Friedrich von », in Hessische Biografie, disponible via https://www.lagis-hessen.de/pnd/1050551915, [en ligne], consulté le 10 mai 2021.

Francis Rohmer, « La Faculté se replie à Clermont-Ferrand, l’Hôpital à Clairvivre », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1991, p. 572-583, ici p. 573

Alice Rosenstiehl, « Ernst Jessen (1859-1933), fondateur de la première clinique dentaire scolaire au monde », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 462.

Patrick Wechsler, La faculté de médecine de la „Reichsuniversität Straβburg“ (1941-1945) à l’heure nationale-socialiste, Strasbourg, Université de Strasbourg, 1991.


Landmarks

Locations

Nationalities

Confessions

Publications

Relationships

Subordinate of

Links to institutions

1Dr. Riedel
Assistent, 25 November 1940 - 31 May 1941
2Université de Strasbourg à Clermont-Ferrand, UdS-CF, 1939-1945
Etudiant, September 1939 - June 1940
3Université de Strasbourg, UdS, 1918-1939
Etudiant, November 1935 - September 1939
4Dr. Lütkemeyer
Volontärassistent, 1 September 1940 - 31 October 1940
5Dr. Müller
Assistent, 1 June 1941 - 31 October 1941
6Zahnärztliches Institut, RUS
Volontärassistent, 1 January 1942 - 31 October 1942
Verwalter einer wissenschaftlichen Assistentenstelle, 1 November 1942 - 30 November 1942
Assistenzarzt, 1 December 1942 - 23 November 1944
1916-09-17T00:00:00Z
Private life
Birth
2002-06-19T00:00:00Z
Private life
Death
1940-11-25T00:00:00Z
1941-05-31T00:00:00Z
Carreer
Dr. Riedel, Assistent,
1939-09-01T00:00:00Z
1940-06-01T00:00:00Z
Carreer
1935-11-01T00:00:00Z
1939-09-01T00:00:00Z
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1940-09-01T00:00:00Z
1940-10-31T00:00:00Z
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Dr. Lütkemeyer, Volontärassistent,
1941-06-01T00:00:00Z
1941-10-31T00:00:00Z
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Dr. Müller, Assistent,
1942-01-01T00:00:00Z
1942-10-31T00:00:00Z
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Zahnärztliches Institut, RUS, Volontärassistent,
1942-11-01T00:00:00Z
1942-11-30T00:00:00Z
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Zahnärztliches Institut, RUS, Verwalter einer wissenschaftlichen Assistentenstelle,
1942-12-01T00:00:00Z
1944-11-23T00:00:00Z
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References



  1. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Fragebogen über die Abstammung, 8 novembre 1941. Voir aussi ADBR, 4E900/43, État civil de Soufflenheim, Table des naissances (1913-1922), Acte de naissance d’E. Schalck, Acte n°27/1916.
  2. 2,0 et 2,1 Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Fragebogen über die Abstammung, 8 novembre 1941.
  3. Voir https://biblio.bnu.fr/opac/resource/die-atiologie-der-mastitis-und-ihre-beziehung-zur-bakterienflora-des-kindlichen-mundes-und-der-mutte/BUS1488901, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.
  4. ADBR, 4E472/18, État civil de Soufflenheim, Acte de mariage d’E. Schalck et M. Schlechter, Acte n°28/1912.
  5. Le Temps, 18 novembre 1930, p. 3. Voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k248107h/f3, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.
  6. François Himly, Chronologie de la basse Alsace, Ier-XXe siècle, Strasbourg, Archives du Bas-Rhin, 1972, p. 336.
  7. 7,0 7,1 7,2 et 7,3 Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Festsetzung des Diätendienstalters für den wissenschaftlichen Assistenten, 27 novembre 1941.
  8. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Personalfragebogen, 8 novembre 1941.
  9. Francis Rohmer, « La Faculté se replie à Clermont-Ferrand, l’Hôpital à Clairvivre », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1991, p. 572-583, ici p. 573.
  10. Sur le Dr. Ernst Lüktenmeyer, qui était un Vertrauensmann (VM) du Sipo-SD durant la période d’annexion, voir ADBR, 1095 W 40/1, dossier n°5800 (Wissembourg), ainsi que ADBR, 1095 W 9, dossier n°1241 (Ernst Lüktemeyer).
  11. Voir Ernst Klee, Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, Francfort-sur-le-Main, Fischer-Taschenbuch-Verlag; Michael Grüttner, Biographisches Lexikon zur nationalsozialistischen Wissenschaftspolitik, Heidelberg, 2004, p. 50; Patrick Wechsler, La faculté de médecine de la „Reichsuniversität Straβburg“ (1941-1945) à l’heure nationale-socialiste, Strasbourg, Université de Strasbourg, 1991, p. 64, 156-157, 240 ; Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg. 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 554-555 ; « Reckow, Joachim Friedrich von », in Hessische Biografie, disponible via https://www.lagis-hessen.de/pnd/1050551915, [en ligne], consulté le 10 mai 2021. Voir également sa fiche biographique sur ce Wikipédia.
  12. Voir Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck.
  13. Archives de la faculté de médecine, Dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Fragebogen über die Abstammung, 8 novembre 1941.
  14. Archives de la faculté de médecine, Dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Personalfragebogen, 8 novembre 1941.
  15. Archives de la faculté de médecine, Dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Amtsärztliches Zeugnis, 12 novembre 1941. Hormis une pneumonie contractée durant l’enfance, Ernestine n’a « jamais été gravement malade ». De plus, avec une taille de 1,68 m et un poids de 64 kg, elle est de « constitution moyenne » (mittelkräftiger Körperbau), si bien que le médecin conclut qu’au final, elle peut être « considérée comme étant apte à occuper l’emploi prévu à la clinique universitaire d’odontologie de Strasbourg ».
  16. Archives de la faculté de médecine, Dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Lettre du Kurator Scherberger à Ernestine Schalck, 3 janvier 1942.
  17. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Festsetzung des Diätendienstalters für den wissenschaftlichen Assistenten, 21 juillet 1942.
  18. Archives de la faculté de médecine, Dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Gutachten du NS-Dozentenbund (Bender), 18 mars 1942.
  19. ABDR, 1558 W 821, dossier n°86632 (Ernestine Schalck), Politische Beurteilung, 21 avril 1942.
  20. ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Ernestine Schalck), Politische Beurteilung, 21 avril 1942.
  21. 21,0 et 21,1 ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Ernestine Schalck), Lettre de la Gauleitung (Personalamt) au doyen Stein, 30 avril 1942.
  22. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Antrag auf Einstellung eines Assistenten (partie von Reckow), 21 juillet 1942.
  23. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Antrag auf Einstellung eines Assistenten (partie Stein), 21 juillet 1942.
  24. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Antrag auf Einstellung eines Assistenten (partie Anrich), 4 septembre 1942.
  25. Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, , Antrag auf Einstellung eines Assistenten (partie Schmidt), 9 septembre 1942.
  26. AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1942-1944).
  27. Bernard Kaess, « L’odontologie entre à l’université », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 460 ; Alice Rosenstiehl, « Ernst Jessen (1859-1933), fondateur de la première clinique dentaire scolaire au monde », in Jacques Héran (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1997, p. 462.
  28. AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944), ; ADBR, 126 AL 37, dossier n°4, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1943).
  29. D’après AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944); ADBR, 126 AL 37, dossier n°4, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1943). Voir également Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg. 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 554-555.
  30. D’après AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944); ADBR, 126 AL 37, dossier n°4, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1943), . Voir également Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1942, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1942, p. 34; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1943, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38 ; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1943-1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38 ; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 39. Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1944-1945, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 44. Voir Rainer Möhler, Die Reichsuniversität Straβburg. 1940-1944. Eine nationalsozialistische Musteruniversität zwischen Wissenschaft, Volkstumspolitik und Verbrechen, thèse d’habilitation, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2019, p. 555 et 726. Le nom Dr. Frey ne figure pas sur les registres mensuels, mais on sait qu’il a été appelé dans l’armée allemande et qu’il est mort sur le front de l’est le 25 novembre 1942 : voir Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1944-1945, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 2.
  31. Voir ADBR, 1558 W 152, dossier n°11420 (Charles Dreyer). Il avait aussi acquis la nationalité allemande en septembre 1942, avait été enrôlé dans l’armée allemande et avait été officiellement nommé « assistant scientifique ».
  32. Dans le cadre de la procédure de promotion comme faisant fonction d’assistante scientifique, Ernestine indique dans un formulaire qu’elle était apparemment en train d’effectuer des démarches pour préparer une thèse de doctorat. Dans le champ réservé à la date de l’obtention du titre de docteur en médecine, elle écrit en effet « in Arbeit » (voir Archives de la faculté de médecine de Strasbourg, dossier administratif d’Ernestine Schalck, Festsetzung des Diätendienstalters für den wissenschaftlichen Assistenten, 21 juillet 1942). Toutefois, rien ne permet d’affirmer qu’elle ait réellement préparé une thèse de doctorat d’odontologie, d’autant que jusqu’à la fin de l’existence de la Reichsuniversität Straβburg, elle n’est jamais présentée sur les documents avec le titre « Dr. med. dent. » des dentistes titulaires d’un doctorat. De plus, il convient de préciser qu’Ernestine n’avait pas totalement terminé son cursus universitaire en France, puisque la soutenance d’une thèse était obligatoire pour exercer la médecine (en l’occurrence ici l’odontologie). Dans le système universitaire allemand, seule l’Approbation est obligatoire pour pratiquer l’art médical et ainsi jouir du titre de Zahnärztin (dentiste).
  33. AVES, 7 AH 15, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1944), ; ADBR, 126 AL 37, dossier n°4, Listes du personnel médical de la Reichsuniversität Straβburg (1941-1943). Voir également Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1942, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1942, p. 34; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1943, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38 ; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1943-1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1943, p. 38 ; Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Sommer-Semester 1944, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 39. Reichsuniversität Straβburg, Personal- und Vorlesungsverzeichnis, Winter-Semester 1944-1945, Strasbourg, P. Heitz & Co., 1944, p. 44.
  34. Voir ABDR, 1558 W 322, dossier n°22312 (Edmond Hugel). Après avoir fait des études à l’institut de l’enseignement commercial supérieur (1933-1935), Edmond Hugel a accompli son service militaire dans l’armée française. En 1937, il a commencé à travailler comme comptable à Strasbourg, jusqu’à ce qu’il soit mobilisé en septembre 1939 dans l’armée française, servant comme sergent dans les ouvrages de la Ligne Maginot jusqu’en juin 1940, avant d’être fait prisonnier de guerre par les Allemands. En tant qu’Alsacien, il est libéré et obtient un poste d’agent contractuel au sein du département des finances (Finanzamt) de la Gauleitung. En novembre 1940, il adhère à l’Opferring (n°21.994) et se fait employer comme expert-comptable au service du séquestre en février 1941. La même année, il est nommé Blockleiter de son quartier, avant de s’inscrire, le 1er mai 1942, au parti nazi (n°8.961.455), probablement « sous la pression de son chef, qui lui aurait promis d’intervenir en sa faveur, le cas échéant, pour obtenir sa mise en affectation spécial et d’éviter ainsi son enrôlement dans la Wehrmacht ». Néanmoins, le 21 mai 1943, il est incorporé dans l’armée allemande et envoyé sur le front de Russie, profitant d’un séjour dans un hôpital à Vienne pour déserter son unité en décembre 1944. Après la guerre, Hugel travaille comme chef du service fiscal à la Fiduciaire strasbourgeoise et entreprend la préparation de l’examen final d’expert-comptable.
  35. Voir https://avis-deces.linternaute.com/nom/famille-schalck?page=2, [en ligne], consulté le 7 mai 2021. Voir également https://geneafrance.com/france/deces/?deces=24541163, en ligne], consulté le 7 mai 2021.
  36. Voir https://geneafrance.com/france/deces/?deces=15926445, [en ligne], consulté le 7 mai 2021.